Placéco Béarn, le média qui fait rayonner l’écosystème

Votre édition locale

Découvrez toute l’actualité autour de chez vous

Arkema : des résultats 2025 en net repli, mais un cash toujours solide

Stratégie
lundi 02 mars 2026
Arkema : des résultats 2025 en net repli, mais un cash toujours solide

Arkema est l'un des principaux industriels du bassin de Lacq. | Photo Arkema

Arkema a publié le 26 février des résultats 2025 en recul marqué. Dans un environnement de demande faible en Europe et en Amérique du Nord, le groupe de chimie voit sa rentabilité se contracter, tout en conservant une génération de trésorerie robuste.

Arkema a dévoilé le 26 février dernier ses résultats annuels 2025 dans un contexte macroéconomique peu porteur pour la chimie. Le groupe de chimie de spécialité, dont l'usine de thimiochimie et le centre de recherches font partie des navires amiraux du bassin de Lacq, réalise un chiffre d’affaires de 9,07 milliards d’euros, en baisse de 5 % par rapport à 2024, pénalisé à la fois par le recul des volumes (-1,6 %) et par un effet prix négatif (-2,1 %). L’EBITDA s’établit à 1,25 milliard d’euros (-18,3 %), faisant reculer la marge à 13,8 %, contre 16,1 % un an plus tôt. Le résultat net courant chute de 46,8 % à 328 millions d’euros, tandis que le résultat net part du groupe s’effondre à 63 millions d’euros (-82,2 %).

La tendance annuelle est donc clairement orientée à la baisse. Le résultat d’exploitation courant recule de 37 % à 564 millions d’euros, illustrant la pression exercée par la faiblesse de la demande industrielle en Occident. L’Asie, et en particulier la Chine, reste plus dynamique, mais ne suffit pas à compenser le ralentissement des marchés européens et nord-américains. Arkema entre ainsi dans une phase plus défensive après plusieurs années de croissance portée par ses matériaux de spécialités.

Une génération de trésorerie qui résiste

Le principal point de solidité de l’exercice 2025 reste la génération de cash. Le flux de trésorerie courant atteint 464 millions d’euros, en hausse de 10,7 % et nettement au-dessus de la guidance initiale. Le flux de trésorerie libre progresse également à 390 millions d’euros. Cette performance s’explique par une gestion rigoureuse du besoin en fonds de roulement et par une baisse des investissements à 636 millions d’euros.

À lire également - Lacq : La nouvelle unité TREFle d’Arkema est en route

Au quatrième trimestre, Arkema a accentué ses efforts de discipline opérationnelle face à des volumes particulièrement faibles. Le groupe a multiplié les initiatives internes pour optimiser ses coûts et préserver sa trésorerie. Le taux de conversion de l’EBITDA en trésorerie opérationnelle atteint ainsi près de 88 %, un niveau élevé pour l’industrie chimique. La dette nette et obligations hybrides ressort à 3,17 milliards d’euros, soit 2,5 fois l’EBITDA, un niveau jugé encore maîtrisé mais en légère dégradation par rapport à 2024.

Des performances contrastées selon les segments

Dans le détail, les activités du groupe évoluent de manière contrastée. Les Adhésifs affichent un chiffre d’affaires quasi stable à 2,74 milliards d’euros (+0,6 %), soutenu par l’intégration d’actifs acquis à Dow, mais l’EBITDA recule de 11,4 % sous l’effet de volumes plus faibles. Le segment Matériaux avancés, cœur stratégique d’Arkema et spécialité de son site béarnais, voit ses ventes légèrement reculer (-3,4 %) et son EBITDA diminuer de 12,9 %, même si la marge reste élevée à 17,9 %, confirmant la résilience relative des spécialités.

Le segment Coating Solutions apparaît comme le principal point faible de l’exercice. Son chiffre d’affaires chute de 11,4 % et son EBITDA de 35,5 %, fortement pénalisé par le bas de cycle dans les acryliques et par la faiblesse des marchés de la construction et des peintures décoratives. Les Intermédiaires reculent également, avec un chiffre d’affaires en baisse de 11,3 %, affecté par la forte diminution des prix des gaz réfrigérants, même si la marge demeure élevée à 23,8 %.

Une stratégie toujours orientée vers les spécialités

Malgré ce contexte difficile, Arkema met en avant la bonne dynamique de plusieurs marchés jugés porteurs, batteries, sport, impression 3D, santé ou spécialités fluorées, dont le chiffre d’affaires progresse de 16 % en moyenne. Plusieurs projets industriels récents, notamment aux États-Unis et en Asie, ont commencé à contribuer à l’EBITDA en 2025 et devraient monter en puissance.

À lire également - Découvrez Patrick Marias, globe-trotteur de la chimie et nouveau directeur du site Arkema Lacq-Mourenx

À partir de 2026, Arkema prévoit d’ailleurs une nouvelle segmentation de ses activités afin de mieux distinguer les plateformes de spécialités à forte valeur ajoutée des activités plus cycliques, regroupées dans un futur segment « Primary Materials ». Une évolution destinée à améliorer la lisibilité du portefeuille pour les investisseurs.

Pour 2026, le groupe se montre prudent. Dans un environnement jugé toujours incertain, Arkema vise seulement une légère croissance de l’EBITDA à taux de change constants et prévoit des investissements autour de 600 millions d’euros. L'heure, pour Arkema, n'est pas encore à la reconquête.

Sur le même sujet