VIDEO | Pompiers et entreprises : un engagement qui profite aussi au monde économique
Dans les Pyrénées-Atlantiques, le volontariat des sapeurs-pompiers repose largement sur les salariés du secteur privé. Pour faciliter cet engagement, le SDIS développe depuis plusieurs années un dispositif de conventions avec les employeurs.
Sur les 1.900 sapeurs-pompiers volontaires du département, 80% sont des salariés du secteur privé. « C’est la plus grosse manne. Et 80% des sapeurs-pompiers sont des volontaires », rappelle le capitaine Claude Vidal, responsable du service développement du volontariat au SDIS 64. Conscients de l’importance de ce vivier, les services départementaux multiplient les partenariats avec les réseaux patronaux. « Nous travaillons avec l’UIMM, la Fédération du BTP, la CCI… qui passent le relais à leurs adhérents », précise Claude Vidal.
Le cadre légal de ces conventions remonte à la loi du 3 mai 1996, qui a permis d’établir des accords entre employeurs et SDIS. « On a créé un modèle de convention simple, c’est important pour que ça puisse fonctionner aussi au niveau de la mise en œuvre », explique Claude Vidal. Chaque convention fixe un volume de jours de mise à disposition du salarié. « Durant cette mise à disposition, le salarié est toujours sous l’autorité de son employeur. Il n’y a pas de rupture ni de suspension du contrat de travail », insiste le responsable. Quant au cadre global, « il peut être une convention par salarié ou une convention-cadre. On ne peut pas demander aux gens d’être disponibles 24h/24, ni à l’employeur de libérer son salarié 24h/24 », ajoute Claude Vidal.
Un coût partiellement compensé
Néanmoins, pour les entreprises, la mise à disposition d’un salarié représente un coût. « On perd des ressources, mais on l’inscrit dans un plan de formation, un plan d’annualisation des heures de travail », explique Grégory Hourcadet, dirigeant d’Eurelec et lui-même pompier volontaire. « Il y a aussi un crédit d’impôt de 60%, avec les mêmes règles que le mécénat d’entreprise, et avoir une convention réduit la prime d’assurance incendie du bâtiment de 10%. Ça ne s’équilibre pas complètement, nuance-t-il, sinon ce ne serait plus un engagement. Mais ce n’est pas loin. »
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L’autre volet majeur concerne la formation, organisée en lien avec les entreprises. « Depuis 1997, on a organisé un dispositif de formation, le SDIS est reconnu Qualiopi », rappelle Claude Vidal. Pour les employeurs, cela facilite l’intégration dans leur plan de développement des compétences.
« Dans la convention, il y a deux types de disponibilités : pour l’intervention, qu’elle soit quotidienne ou plus longue (comme un feu de forêt), ou bien de la mise à disposition pour faire des formations, détaille Grégory Hourcadet. J’ai un salarié qui est rentré chez moi apprenti, a fait sa formation de Sapeur-Pompier volontaire (SPV) parallèlement, et il a grandi en maturité. C’est devenu quelqu’un de très autonome très rapidement. »
Un atout pour l’entreprise et les équipes
Sans compter les avantages pour l’entrepreneur lui-même. « Moi, être pompier volontaire m’a toujours donné du sens, insiste Grégory Hourcadet. Les pompiers m’ont fait grandir, m’ont permis de créer mon entreprise et de la développer. Ça m’a permis de poser un cadre », raconte-t-il. « Chez les pompiers, il y a trois aspects très forts : le fonctionnel, l’opérationnel, et l’émotionnel. J’ai créé mon entreprise sur ces trois mêmes bases. La construction d’une entreprise, ça passe par la structuration, le fait de déléguer, de clarifier les responsabilités. Je me nourris de la structuration du SDIS pour autonomiser mon entreprise. »
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La présence d’un pompier volontaire peut aussi avoir un impact déterminant en cas d’incident. « Lauak a six SPV conventionnés, qu’ils libèrent deux par deux, raconte Claude Vidal. Un jour, ils ont eu un départ de feu : ce sont leurs employés pompiers qui sont intervenus et qui ont réussi à éteindre l’incendie avant que les secours n’arrivent. Sans cette action, le bâtiment ne serait peut-être pas toujours là. »
Les pompiers volontaires apportent aussi une culture de rigueur et de responsabilité. « Chez les pompiers, il y a beaucoup de cadres, une grande structure opérationnelle et un effet de responsabilisation induit par ce métier. Quand j’embauche un pompier, je sais que son chantier sera en ordre. C’est loin d’être neutre, explique Grégory Hourcadet. Un pompier, il est câblé, habitué. C’est quelqu’un à qui on peut déléguer une responsabilité, parce que s’il dit oui, on sait qu’il va aller jusqu’au bout. »