Décarbonation 3/10. Le « superméthaniseur » de Mios à 20 millions d'euros avale tout et sera dupliqué en France
Cette série de 10 articles et vidéos, soutenue par GRDF, vise à mieux comprendre les enjeux de la décarbonation par le biogaz notamment. Chiffres, analyses, reportages, Placéco décortique les techniques et les usages de la décarbonation par le gaz.
L’unité de méthanisation de Mios transforme les déchets verts en biogaz injecté dans le réseau GRDF. Crédit : CVE
Mise en service début 2025, l’unité de méthanisation de Mios tourne à plein régime. En traitant chaque année 19.000 tonnes de matière organique, elle revalorise les déchets collectés sur le territoire pour les transformer en gaz vert alimentant l’équivalent de 2.000 foyers.
Impulsée par une volonté politique régionale et favorisée par la présence de ressources sur les territoires, la méthanisation se développe fortement en Nouvelle-Aquitaine. Parmi les acteurs actifs, on retrouve le producteur d’énergie renouvelable CVE, exploitant de l’unité de méthanisation de Mios, sur le Bassin d’Arcachon. Ici, le principe est simple, apporter des déchets verts dont l’enfermement va générer le procédé naturel aboutissant à la transformation en biogaz. Mais cet investissement à 20 millions d’euros possède une originalité permettant de pousser le curseur encore plus loin.
Énergie verte et économie circulaire
Traditionnellement, la méthanisation est obtenue avec la fermentation de déchets verts issus de l’agriculture, de l'agroalimentaire ou encore de déjections animales. « L’originalité de ce site est qu’il peut aussi traiter des déchets emballés provenant de cantines, de la restauration ou encore de la grande distribution, comme les barquettes de nourriture par exemple », précise Laurent Larpin, responsable développement Sud Ouest pour CVE. Cette spécificité est rendue possible par la présence d’un biodéconditionneur. « La technologie de cette machine permet de trouer les emballages puis, la pression éjecte la matière organique », explique le responsable du producteur d’énergie. Ainsi, les déchets verts atterrissent dans la cuve de méthanisation alors que les emballages repartent dans le circuit classique.
Des déconditionneurs existent ailleurs dans le pays mais en Gironde, la Communauté d’agglomération du Bassin d’Arcachon (COBAN) a fait le choix d’intégrer cette machine au sein de l’unité de méthanisation. Ainsi les déchets verts, récoltés dans un rayon de 30km, sont déconditionnés puis valorisés au même endroit. Une économie circulaire qui profite au territoire puisque le processus traite 19.000 tonnes de déchets, produisant de l’engrais pour des agriculteurs et injectant dans le réseau du biogaz dont la quantité équivaut à la consommation annuelle de 2.000 foyers. Pour la faire tourner, une équipe de cinq personnes travaille sur place, à laquelle s’ajoute « une dizaine d’emplois directs ou indirects générés sur le territoire ».
Une duplication du modèle
Ce système vertueux est dupliqué sur le territoire régional. Depuis janvier 2026, CVE a mis en service une autre unité de méthanisation sur le port de Bordeaux. « C’est exactement le même système avec la même machine », souligne Laurent Larpin. Située à dix kilomètres du centre ville de Bordeaux, cette unité est dimensionnée pour traiter 25.000 tonnes de déchets par an. Mais l’entreprise ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. « D’ici 2030, nous envisageons d’exploiter 60 unités de méthanisation en France dont une dizaine en Nouvelle-Aquitaine », détaille le responsable régional de CVE.
De son côté, la Région affiche de grosses ambitions en la matière. Elle prépare le territoire pour atteindre, à l’horizon 2050, une production de 100% de gaz vert. Pour cela, la méthanisation joue un rôle clé. Étant la première région agricole et d'élevage de France, la Nouvelle-Aquitaine dispose d’atouts majeurs et appuie sérieusement sur l’accélérateur.
Si aujourd'hui, 74 sites de méthanisation injectent leur biogaz dans le réseau existant, 163 projets de sites futurs sont déjà en cours. Un maillage permettant de produire de l’énergie verte, de faire prospérer l’économie circulaire, tout en assurant une souveraineté énergétique.
Sommaire
Décarbonation 1/10. La région Nouvelle-Aquitaine, leader du bioGNV, a de grandes ambitions
En 2050, la région pourrait devenir autonome dans cette énergie plus propre et générer des milliers d'emplois sur tout le territoire.
Décarbonation 2/10. Avec le BioGNV, la Nouvelle-Aquitaine sur les rails de la transition
En Nouvelle-Aquitaine, les trains pourraient bientôt carburer aux déchets agricoles. La Région mise sur la conversion au BioGNV de certaines de ces rames pour décarboner le transport ferroviaire, prolonger la durée de vie d’un matériel vieillissant et structurer une nouvelle filière locale de méthanisation.
Décarbonation 3/10. Le « superméthaniseur » de Mios à 20 millions d'euros avale tout et sera dupliqué en France
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