Municipales 2026 à Pau : Cyrille Marconi, pour lutter contre le capitalisme
Cyrille Marconi est enseignant-chercheur à l'UPPA. Photo LO.
Candidat Lutte Ouvrière dans la capitale béarnaise, Cyrille Marconi replace les enjeux du scrutin municipal dans le cadre plus large de son engagement anticapitaliste.
Cyrille Marconi est tête de liste Lutte Ouvrière pour les élections municipales 2026 à Pau. Il a répondu à nos questions sur son programme économique.
Quelles sont les mesures fortes de votre programme sur le plan économique ?
Dans cette campagne, nous voulons parler des problèmes fondamentaux des travailleurs qui font qu’ils n’arrivent pas à boucler les fins de mois : le chômage, les bas salaires, les petites retraites, les allocations sociales insuffisantes. Nous proposons aux travailleurs un programme de lutte pour l’augmentation des salaires et son indexation sur l’évolution des prix, la répartition du travail entre tous sans diminution de salaires. Nous pensons que ces mesures ne pourront être qu’imposées au patronat, dont les profits battent des records chaque année à mesure que l’exploitation des travailleurs s’aggravent par la précarité, les salaires insuffisants, la surcharge de travail pour certains et l’inactivité pour d’autres. L’argent qui serait nécessaire pour vivre mieux est coincé dans les coffres-forts du grand patronat, les travailleurs doivent contrôler les comptes des grandes entreprises et de leurs actionnaires. Les travailleurs pourraient alors exiger que la richesse qu’ils produisent leur revienne et soit utilisée pour les services utiles à la population, plutôt qu’à enrichir toujours plus les milliardaires qui dominent l’économie mondiale.
Comment comptez-vous renforcer le lien avec le tissu économique local ?
La société capitaliste ne connaît que la loi du profit. Malgré la progression du nombre de milliardaires et l’augmentation de leur fortune, cela ne profite jamais aux travailleurs. Bien au contraire, à mesure que les fortunes se concentrent à un pôle, la misère grandit de l’autre côté de la société. Pour arracher ce qu’il leur faut pour vivre, les travailleurs ne doivent pas compter sur le fait que l’entreprise où ils travaillent soit plus compétitive mais sur le rapport de force qu’ils peuvent imposer contre les grands patrons. Localement, l’entreprise Safran occupe une place de premier plan. Elle est arrosée d’argent public et chaque année affiche des profits records, cinq milliards d’euros de bénéfice pour l’année 2025. Pourtant, les salaires ne montent pas, l'entreprise n’embauche qu’au compte-gouttes, les services publics de la Région ne sont pas mieux financés. Cette entreprise vit en partie des commandes de l’armée. Au regard de l’engrenage guerrier dans lequel le capitalisme nous entraîne, nul doute que les profits exploseront à l’avenir et iront encore un peu plus grossir les comptes en banques des gros actionnaires de Safran. Pour que la société bénéficie de la masse formidable de richesse que les travailleurs produisent et pour que les travailleurs puissent refuser de fabriquer des engins de mort, ils doivent prendre le pouvoir et diriger la société. Dans ces élections, nous voulons affirmer qu’il faut une telle révolution sociale et que celle-ci doit avoir lieu non pas localement mais à l’échelle du globe. Aujourd’hui la guerre économique que se mènent les grands trusts se réalise à l’échelle du monde et est en train de se transformer en troisième guerre mondiale. Notre liste est composée de travailleuses et de travailleurs du rang qui refusent cette évolution guerrière et qui affirment que tant que le profit individuel des actionnaires des grands groupes est le moteur de l’économie, l’humanité est condamnée à subir une nouvelle boucherie mondiale dans laquelle sont déjà entraînés bien des peuples dans le monde. Mais nous voulons aussi affirmer que l’humanité n’est pas condamnée à cet avenir et que les travailleurs sont capables de réorganiser toute la société dans le sens de l’intérêt collectif s’ils en prennent la direction.
Comment pensez-vous maintenir le tissu économique local dans la course, dans un contexte de transition écologique et numérique ?
Dans cette élection nous défendrons l’idée que le fonctionnement de l’économie capitaliste, dont le seul moteur est la recherche du profit, est incompatible avec le respect de l’environnement. TotalEnergies, qui est implantée localement, vit essentiellement de l’extraction d’hydrocarbures. Les conséquences que cela peut avoir sur l’environnement sont totalement indifférentes à ses grands actionnaires assoiffés de profits même si elle prend beaucoup de soin pour repeindre en vert toutes ses activités. Elle a récemment entrepris des centaines de forages en Ouganda, une zone d’une biodiversité exceptionnelle qu’elle met gravement en danger tout comme les centaines de milliers de personnes qu’elle a chassées des terres sur lesquelles elles vivaient depuis des générations. Pour cela, TotalEnergies bénéficie du soutien de l’État français tout comme des autorités ougandaises, qui ne se sont pas privées de faire arrêter des dizaines d’opposants au projet. Pour que la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique soient une priorité, il faut que les travailleurs du pétrole et la population soient les maîtres de l’extraction de cette ressource pour pouvoir décider s’il faut, oui ou non, continuer à s’en servir et comment, sans que cela mette en péril l’avenir de la planète et des hommes qui vivent dessus. Localement, ce n’est pas sur une nouvelle équipe municipale qu’il faut compter pour engager le moindre changement mais sur les 3.000 travailleurs du Centre Jean Féger à Pau ainsi que ceux de toutes les entreprises de la ville liés à ce secteur. Eux et tous les travailleurs de TotalEnergies répartis aux quatre coins du monde sont à la base de l’organisation d’une bonne partie de la production mondiale de pétrole et de gaz. L’immense majorité d’entre eux aspire à coup sûr à ce que leur travail ne fasse pas que contribuer à grossir les comptes en banque des actionnaires de TotalEnergies. S’ils étaient libres de décider comment organiser leur activité sans la pression à la rentabilité, la production de pétrole cesserait d’être une menace pour la planète et les êtres humains. Ce changement ne pourra véritablement advenir qu’à l’issue d’une révolution mondiale où l’ensemble de l’économie sera coordonnée et planifiée pour répondre rationnellement aux besoins de la population, autrement dit lorsque l’humanité aura décidé d’en finir avec le capitalisme.
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