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La CCLO fait le PLUi et le beau temps

Écosystème
mercredi 17 décembre 2025
La CCLO fait le PLUi et le beau temps

Le PLUi était en travaux depuis la mandature précédente. Crédit : Jean Michel Etchecolonea / Creative Commons

Le 16 décembre, la Communauté de communes de Lacq-Orthez (CCLO) a adopté son PLUi après dix ans de travaux.

C’est peu dire qu’il s’est fait attendre. Le 16 décembre, la CCLO a adopté son Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) en conseil communautaire. Dix ans de travail, commencé sous la précédente mandature, qui débouchent sur une adoption « sans unanimité » (19 élus ont voté contre, un s’est abstenu) et « sans enthousiasme », souligne Patrice Laurent, maire de Mourenx et président de l’intercommunalité.

« Établir un document d’urbanisme avec des règles qui ne nous semblent pas toujours adaptées au territoire, c’est compliqué », explique le président de la CCLO. En cause, l’application uniforme de la loi Climat et résilience, alors même que le territoire de Lacq-Orthez ne connaît ni forte pression foncière ni stress hydrique. « On comprend la nécessité de la sobriété foncière, mais il y a des éléments paradoxaux », souligne-t-il.

Le vote doit néanmoins permettre à l’intercommunalité de se mettre en conformité avec la loi, qui impose à toutes les intercommunalités de se doter d’un PLUi d’ici 2028. « C’est demain. Faute de quoi, plus aucune commune ne se verra accepter le moindre permis de construire », prévient Patrice Laurent.

Des impacts fonciers significatifs

Concrètement, 1.500 hectares jusque-là constructibles basculent en zones agricoles ou naturelles. Cette réduction concerne à la fois l’habitat, l’économie et certaines réserves foncières, notamment sur des sites industriels appartenant à Toray Carbon Fibers Europe, à la Sobegi ou au Groupe Daniel. « Quand il y aura des projets sur ces réserves, anticipe l’élu, on fera des révisions du PLUi », prévoit l'édile. La CCLO conserve 274 hectares constructibles, correspondant au plafond autorisé pour les dix prochaines années, soit la moitié de la consommation foncière observée sur la décennie précédente. Sans cette adoption avant la fin de la mandature, ce volume aurait été ramené à 118 hectares. « Si on ne le fait pas maintenant, on se tire une balle dans le pied », résume le président.

Au-delà des contraintes, le PLUi est également présenté comme un facteur de visibilité pour les entreprises du territoire. « Certaines attendaient ce document pour pouvoir se projeter sereinement et régulariser des situations existantes », indique Patrice Laurent. L’élaboration du PLUi, qui concerne 60 communes aux configurations très diverses, a nécessité trois ans de travail et un investissement de 500.000 euros, incluant études, enquêtes publiques et accompagnement juridique.

Malgré un avis défavorable des commissaires enquêteurs, la collectivité assure avoir répondu de manière argumentée à l’ensemble des observations. « Le juge de paix, ce seront in fine les services de l’État, avec lesquels nous travaillons », conclut Patrice Laurent, tout en anticipant d’éventuels recours contentieux, « comme pour tous les PLUi ».

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