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Université du Medef : « on retrouve un terrain de jeu favorable à la liberté d’entreprendre »

Écosystème
mercredi 06 octobre 2021

La dernière édition de l'Université des entrepreneurs s'était tenue en 2019. Crédits : Medef Gironde

L’édition 2021 de l’Université des entrepreneurs, organisée à l’Arkea Arena par le Medef Gironde, a lieu ce jeudi 7 octobre. Le thème : l’entreprise engagée et responsable, un accélérateur de performance. Pour Placéco, le président girondin du Medef, Franck Allard, aborde les enjeux et contraintes de demain pour les chefs d’entreprise.

Pourquoi, cette année, avez-vous choisi le thème de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) comme fil conducteur de l’Université des entrepreneurs ?
Je crois que c’est le moment ou jamais. Je pense que cela fait partie des thèmes, non pas à la mode, mais qui correspondent véritablement à une attente. Du grand public, mais aussi des chefs d’entreprise. Nous avions annulé l’édition 2020, dans deux jours ce seront un peu les retrouvailles pour cette 23e Université. Elle a, pour moi, une saveur un peu particulière avec plus de 700 responsables d’entreprise qui seront présents. En tant que patrons, on est tous un peu le nez au-dessus du guidon et il y a des moments où l’on a envie de lever le nez, d’échanger. Le business ce n’est pas seulement aligner des chiffres, c’est aussi des relations, des contacts et c’est ce que l’on fera ce jeudi 7 octobre.

Quels sont, selon vous, les grands enjeux de demain pour les chefs d’entreprise ?
Je crois qu’il faut partir du début : aujourd’hui, la plus grande richesse d’une entreprise, ce sont ses collaborateurs. D’ailleurs, la pénurie de main d’œuvre que l’on constate en ce moment pose d’énormes problèmes aux chefs d’entreprise. Nous avons du travail, des commandes, et deux sujets nous préoccupent : l’approvisionnement en matières premières et trouver de la main d’œuvre.

Pour le recrutement, la filière formation, malgré une réforme de l’enseignement, est loin d’être parfaite et ne correspond pas à nos attentes. Je pense qu’il faut qu’on commence par cette RSE qui est importante. Chacun fait un peu à sa sauce, tout dépend du métier également, mais dans notre entreprise par exemple nous sommes très attentifs aux collaborateurs, à leur fidélisation, à la mobilité interne… Certes, la fiche de paie est importante, mais le cadre de travail et les avantages qu’on peut trouver à l’intérieur de l’entreprise font un tout qui permet, justement, cette fidélisation. Faire entrer un collaborateur dans l’entreprise c’est d’abord un investissement, et les patrons y sont bien habitués : on doit avoir un retour sur investissements, que les gens se plaisent dans leurs entreprises pour y rester.

« Il ne faut pas sacrifier en permanence l’économie pour se donner bonne conscience »

S’il peut y avoir des leviers pour pallier le manque de main d’œuvre, il n’y en a pas forcément pour les pénuries de matières premières…
En effet, aujourd’hui, on subit. Ces deux points noirs, que sont le manque de main d’œuvre et de matières premières, sont préoccupants, tout le monde les subit, mais soyez sûr que le moral des chefs d’entreprise n’est pas atteint. Quand on voit que la situation sanitaire s’améliore, automatiquement on retrouve un terrain de jeu favorable à la liberté d’entreprendre à laquelle nos chefs d’entreprise sont extrêmement attachés.

Vous avez abordé les enjeux sociaux à venir, concernant la responsabilité environnementale des entreprises, quels seront selon vous les sujets de demain ?
C’est vrai que les entreprises doivent prendre en compte l’environnement. Mais, savez-vous par exemple que le niveau de CO2 de l’Europe représente 10 % des émissions mondiales ? Quand je vois qu’on nous poursuit en permanence avec cette histoire de CO2 alors que la Chine a augmenté de 58 % sa production d’électricité au charbon, que les Etats-Unis ont augmenté de 28 %... Et nous, on nous casse les pieds alors qu’on est des tout petits consommateurs. Prenons l’exemple de Bordeaux avec cette « ZFE » [ndlr, zone à faible émission]. Bien sûr qu’on y adhère, bien sûr que c’est bien, mais ça ne représente pas grand-chose par rapport aux émissions mondiales. Il faut prendre des mesures pour l’environnement. Mais il ne faut pas sacrifier en permanence l’économie à une mode et pour se donner bonne conscience : il faut trouver un juste équilibre.

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