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Première pierre posée pour la future usine de méthanisation d'Auros, en Sud-Gironde

Écosystème
mardi 13 juillet 2021

Pose de la première pierre de l'usine de méthanisation à Auros - Crédits : Yannick Duffau

La première pierre de la future unité de méthanisation d'Auros a été posée la semaine dernière, en présence du maire de Brannens, Yannick Duffau, qui porte le projet depuis 2016. L’usine produira uniquement du gaz et a pour ambition d’accompagner agriculteurs et citoyens dans un tournant environnemental.

Depuis le temps qu’il avait ce projet en tête, Yannick Duffau, maire de Brannens, semble heureux d’avoir posé la première pierre de ce qui sera bientôt l’usine de méthanisation d’Auros. « En tant qu’élu, j’ai participé à de nombreuses réunions à ce sujet. Nous avons ainsi réalisé que notre territoire avait un potentiel méthanogène. C’était en 2015 », commence par énoncer l’édile. 2016 représente la première date clé de l’histoire avec la création de l’association Brannens agri métha au pays d’Auros, qui a porté la phase de préfiguration.

En 2019, elle se transforme en SAS, avec neuf agriculteurs locaux à bord, directement concernés par des problèmes de stockage des effluents liés à l’élevage. « Les agriculteurs sont les principaux acteurs de ce projet », salue Yannick Duffau. Sur le plan financier, ils ont été rejoints par plusieurs collectivités locales dont la commune d'Auros, les communautés de communes du Réolais, du Bazadais et Sud Gironde, la Chambre d'Agriculture de Gironde et le Département.

Le projet représente un investissement total de 6,3 millions d’euros, porté principalement par un prêt bancaire de 4,7 millions d’euros émanant du Crédit Mutuel Sud-Ouest. Il a également reçu le soutien de l'Agence de la transition écologique (ADEME) et de la région Nouvelle-Aquitaine, avec des subventions de respectivement 350.000 et 900.000 euros.

Une dimension participative

Pour compléter cette enveloppe, les porteurs de projet ont fait le choix d’y ajouter une dimension participative, avec une souscription ouverte par l’intermédiaire de la plateforme Miimosa. Elle prend la forme d’un prêt, conditionné à un rendement de 5,25% brut, conçu essentiellement pour sensibiliser les habitants des territoires voisins aux questions environnementales soulevées par l’usine, tout en favorisant son acceptabilité, selon une logique similaire à celle récemment adoptée par Bordeaux Métropole Energies autour du financement du réseau de chaleur de la rive droite bordelaise. Au 13 juillet, plus de 100.000 euros ont été collectés sur les 500.000 qui constituent l'objectif de la campagne.

L’usine, qui devrait entrer en service d’ici 2022, a vocation à permettre la conversion en biogaz de 15.000 tonnes de biomasse issues des exploitations voisines, mais aussi de trois entreprises locales qui l’alimenteront en déchets végétaux. Le méthane vert ainsi produit, équivalent à la consommation de 800 ménages, sera injecté dans le réseau de transport de Téréga et devrait faire l’objet d’un contrat de rachat conclu avec Gaz de Bordeaux. Le digestat résultant de la conversion retournera aux agriculteurs, qui s’en serviront en épandage pour amender leurs parcelles.

En attendant la mise en route de l’usine, ses fondateurs regardent déjà la suite. « Nous voulons également traiter des biodéchets ou déchets alimentaires issus de gros producteurs comme les collèges ou les hôpitaux », illustre Yannick Duffau.

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