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UAV Show : le drone, une « micro-filière » en plein développement

Bordeaux Technowest
lundi 18 octobre 2021

Le drone aérien tactique Phaeton 200 d'Asman Technology lors de l'UAV Day 2020 - photo AL

Organisée du 19 au 21 octobre, la sixième édition de l’UAV Show réunira à Bordeaux les principaux protagonistes européens de la filière drone. Etat des lieux et perspectives de développement avec François Baffou, commissaire du salon et directeur de la technopole Bordeaux Technowest.

Comment percevez-vous l’évolution de la filière drone depuis la première édition de l’UAV Show, en 2010 ?
Elle avait en réalité démarré un peu avant, puisqu’on avait accueilli chez Bordeaux Technowest un premier civil dès 2005. En 2010, la première édition permet de présenter les premiers systèmes conçus par les fabricants et on esquisse déjà des missions, mais à l’époque la réglementation ne permet pas encore de développer une activité. C’est suite à ce salon que la DGAC et la DSAC nous ont sollicité pour préparer la réglementation qui sera finalement mise en place en 2012 !

On a donc vécu trois époques, avec une première phase de découverte, puis une deuxième phase d’identification du marché. C’est le moment où l’on voit une explosion du nombre d’acteurs, et l’émergence d’une certaine méfiance vis-à-vis du drone, puisque l’acceptabilité n’était pas encore tout fait là. On est aujourd’hui dans la troisième phase, celle du développement, avec un drone qui s’est largement démocratisé. Il suffit de regarder la TV pour s’en rendre compte. On est aujourd’hui en face d’une filière très visible, notamment grâce à l’audiovisuel et au cinéma, qui représentent 50% de son activité. Elle reste dans le même temps une micro-filière, avec un chiffre d’affaires de l’ordre de 300 ou 350 millions d’euros, mais elle se développe !

On a vu apparaitre au printemps deux projets visant à fédérer la filière, avec une association française emmenée par le toulousain Delair, et de l’autre un projet européen porté par Parrot. Comment la filière se structure-t-elle ?
La filière se structure au travers de la demande des clients finaux, de plus en plus précise, de la technologie et de la réglementation. Elle compte historiquement deux fédérations, la Fédération professionnelle du drone civil (FPDC) et l’Union nationale des exploitants professionnels (Unepat), qui, en simplifiant, représentent respectivement les fabricants de drones ou de capteurs et les télépilotes. Je ne suis plus directement impliqué dans ces instances, même si j’ai été trésorier de la FPDC, mais je dirais qu’il n’est pas indispensable de multiplier les entités. Je suis plus partisan du regroupement, surtout dans une filière où 90% des entreprises font moins de 100.000 euros de chiffre d’affaires annuel.

Quels sont les facteurs clé du développement de la filière drone ?
Pour que le marché se développe, on a besoin de faire évoluer de façon simultanée les trois piliers que sont la demande du marché, la réglementation et la technologie, avec en première ligne la question de la fiabilité pour tout ce qui touche à l’autonomie des engins. Il y a ce que souhaitent les clients, qu’ils soient agriculteurs, géomètres, ou professionnels de la sécurité et de la télésurveillance, ce que sont capables de faire les appareils et ce que la réglementation permet. C’est d’ailleurs le leitmotiv de la DGAC : prouvez-nous que vous pouvez réaliser telle ou telle opération de façon fiable et nous ferons évoluer la réglementation. C’est le rôle du Conseil des drones civils (instance publique privée créée en 2015 à l’initiative de la DGAC) de mettre autour de la table les gens en demande, les fabricants ou spécialistes du traitement de la donnée, et l’organe régulateur.

Quels seront les grands sujets de discussion de cette nouvelle édition de l’UAV Show ?
Le programme est très dense, mais la question de l’intégration des drones dans l’espace aérien devrait être l’un des grands sujets, notamment pour tout ce qui concerne le survol des zones urbanisées, afin que le drone puisse devenir un outil de transport, d’abord de colis, puis de personnes. On attend plusieurs témoignages et retours d’expérience autour de cette thématique de la mobilité aérienne urbaine, qui implique évidemment un important travail sur la sécurité des systèmes. Le traitement de la donnée est également un grand sujet de fonds, en sachant que le drone amène l’utilisateur final à manipuler des données différentes de celles qu’il pouvait obtenir avec ses systèmes traditionnels. Il faut donc lui expliquer ce qu’il peut faire, en gardant en tête que le drone n’est pas un but, il reste un moyen au service d’un objectif. Je tiens également beaucoup aux essais en vol qui seront proposés à Sainte-Hélène pour le troisième jour du salon, ces démonstrations applicatives métier sont uniques en Europe.

Le ministère de la Mer a récemment ouvert la voie à la navigation de navires autonomes et de drones maritimes. L’UAV Show a-t-il vocation à dépasser plus largement le champ des engins volants ?
On retrouve dans le monde des drones le découpage qu’on connait dans le monde industriel classique avec des activités terrestres, aériennes et maritimes. Nous sommes principalement sur la filière aérienne, parce qu’elle a une longueur d’avance, mais les trois partagent des technologies communes, et il n’est pas exclu que l’UAV Show s’y intéresse demain plus largement. Mais vous pouvez déjà y trouver des drones aquatiques !

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