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Suez va accompagner des startups autour des déchets du bâtiment

Engagement
lundi 06 décembre 2021

Julien Combecave et Céline Lassort dans le showroom installé au siège de Suez Recyclage et Valorisation à Villenave-d'Ornon. Il permet de présenter les solutions des startups incubées. Crédits : Suez

En 2022, Suez réoriente sa politique d’innovation sociale et lance un programme d'accélération pour des startups de l’ESS, autour des déchets du bâtiment. Objectif : accompagner une vingtaine de structures en un an.

Cela fait maintenant 9 ans que le groupe Suez a inauguré, à Bordeaux, sa Maison pour Rebondir. Un lieu dédié à l’économie sociale et solidaire (ESS), qui développe plusieurs actions autour de la réinsertion professionnelle et de l’inclusion. 170 porteurs de projet ont été accompagnés dans cet incubateur depuis sa création, piloté par la direction de l’innovation sociale de Suez. « Jusqu’à maintenant nous n’avions pas privilégié de domaine particulier de l’ESS, présente Céline Lassort, responsable du pôle entrepreneuriat et de la Maison pour Rebondir. Ces porteurs de projet sont majoritairement d’anciens cadres en reconversion ou des personnes qui bénéficient d’une rupture conventionnelle de licenciement économique. Ils souhaitent développer des solutions innovantes en faveur de l’économie circulaire, et nous les accompagnons de l’idée jusqu’à l’immatriculation de leur startup. »

Un appel à projet sur les déchets du bâtiment

En 2022, le groupe souhaite se focaliser sur un autre type d’accompagnement : l’accélération de structures déjà immatriculées, pour pouvoir proposer plus rapidement leurs solutions à ses clients. « Ces structures nous aident à développer nos services, et souvent nous sommes en co-traitance ou en sous-traitance dans le cadre d’appels d’offres », reprend Céline Lassort. Dès février 2022, Suez lancera un appel à projets pour un accompagnement de 24 mois, qui démarrera en avril ou en mai. Le thème sera la gestion des déchets dans le secteur du bâtiment. « Aujourd’hui, ce domaine d’activité est le plus gros producteur de déchets après l’agriculture, et représente entre 25 et 30% des déchets produits sur un territoire, commente Julien Combecave, directeur territoire Nouvelle-Aquitaine et Occitanie de l’activité Recyclage et Valorisation de Suez. L’idée est d’aller chercher les secteurs les plus contributeurs de l’impact carbone en France. » La logistique est aussi en ligne de mire de Suez, pour la rendre la plus propre possible, en évitant des allers-retours de camions. « Autant réutiliser la matière à proximité, quitte à imaginer des systèmes de trocs, etc, comme ce qu’on peut observer sur Leboncoin ou Geev, poursuit Julien Combecave. Il a des choses intelligentes à imaginer, je pense. »

Ne pas entrer au capital des startups

Ce programme d’accompagnement permet à Suez d’externaliser une partie de la R&D. Pléthore de déchets existent aujourd’hui, et pour que ses clients diminuent leur empreinte carbone, « il faudrait avoir des services de recherche et développement surpeuplés », pour travailler sur chacun des flux et micro-flux. « L’intérêt de travailler avec les startups incubées par la Maison pour Rebondir, c’est de proposer des solutions agiles et innovantes à nos clients, et d’être différenciant sans avoir à rémunérer une prestation de R&D », étaye Julien Combecave. Pour autant le groupe reste clair sur ses positions, et ne souhaite pas entrer au capital des startups. « On ne veut pas "entacher" la réputation d’une structure qui est vierge d’un grand groupe, et qui pourrait passer à côté de subventions auprès de la Région ou de l’ADEME. » Un partenariat présenté comme gagnant-gagnant, et qui permet aux startups de réaliser leur preuve de concept parmi l’un des 10.000 clients de Suez, en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie.

Parmi les startups accompagnées par Suez, deux sont mises en avant par Julien Combecave. Expliceat, d’abord, qui permet grâce à un broyeur, de recycler les invendus des boulangeries. « Plutôt que de les jeter ou de donner du pain rance à des associations, la startup propose de produire de la farine à partir de ces produits, et de la réintégrer dans de la farine normale, pour faire du pain circulaire. » Si les synergies avec Suez ne sont pas évidentes de prime abord, le groupe travaille aux côtés d’Expliceat pour proposer ces broyeurs à ses clients franchisés de la grande distribution. Seconde illustration, la Plastiquerie, récemment lauréate du prix transition environnementale de Bordeaux Technowest, qui réalise des objets et du mobilier design à partir de plastique n’ayant aujourd’hui pas de filière de recyclage. « Ces matières sont soit incinérées, soit enfouies, précise Julien Combecave. Il faut développer les filières mais elles ne sont pas toujours rémunératrices, donc personne ne se penche sur le sujet. » La Plastiquerie travaille aux côtés de Suez et de certains de ses clients, notamment dans le bâtiment et dans le secteur pharmaceutique, pour réaliser du mobilier à partir de leurs déchets.

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