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Silver économie : Ernesti recrute 400 étudiants en santé en 2021

Stratégie
lundi 01 mars 2021

Séverine et Quentin Zakoian, cofondateurs de l'entreprise - Photo Ernesti

L’entreprise bordelaise Ernesti, spécialisée dans le secteur des gardes de nuit pour personnes en perte d’autonomie, a bouclé en décembre dernier une levée de fonds de 300.000 euros. De quoi recruter quatre personnes et atteindre les 4.000 nuits réalisées par mois d’ici à la fin de l’année.

Pour Quentin et Séverine Zakoian, cofondateurs d’Ernesti, tout a démarré lorsque Séverine était encore étudiante en médecine. « Notre mère est médecin et c’est par elle que ma sœur a expérimenté ce que l’on propose aujourd’hui, se remémore Quentin Zakoian. Pour soulager un aidant elle assurait des nuits auprès d’une personne ayant besoin d’être accompagnée, j’ai trouvé ça très bien et on s’est demandé si l’on ne pouvait pas reproduire cette expérience à une plus grande échelle. »

En 2017 leur petite entreprise voit le jour, et une première phase pilote de huit mois est enclenchée pour tester le concept : que des étudiants en santé accompagnent des personnes en perte d’autonomie, de jour comme de nuit. « Mais on s’est rapidement rendu compte que c’est la nuit qu’il y a un vrai créneau manquant, précise Quentin Zakoian. Alors nous nous sommes recentrés sur des accompagnements nocturnes. »

Adapter l’étudiant à la pathologie

Le principe est on ne peut plus simple. Un étudiant en santé, médecine comme paramédical, s’inscrit sur la plateforme d’Ernesti. « C’est un processus volontairement rigoureux et fastidieux pour ne garder que les personnes motivées, précise le cofondateur. Depuis notre lancement près de 6.000 jeunes nous ont rejoint, dont un tiers suivent des études de médecine, et un tiers des études de soins infirmiers. Mais nous comptons aussi sur des futurs pharmaciens, kinésithérapeutes, orthophonistes… Nous voulons motiver tous les étudiants qui demain travailleront avec des personnes en perte d’autonomie. »

De l’autre côté, les aidants peuvent inscrire leur proche sur le site internet de l’entreprise. Une recherche débute alors, pour trouver le meilleur accompagnement possible. « La diversité de cursus des étudiants nous permet de proposer les profils les plus adaptés, en fonction de la pathologie de l’accompagné. Pour quelqu’un suivant une chimiothérapie nous privilégierons un étudiant en médecine ou en soin infirmier, tandis que pour une personne atteinte d’Alzheimer on proposera un futur orthophoniste, pour des jeux de stimulation cognitive par exemple. »

15.000 nuits réalisées

Après la phase de test, le projet Ernesti démarre véritablement en 2019. Depuis 15.000 nuits ont été effectuées, et l’entreprise espère atteindre d’ici à la fin de l’année les 4.000 nuits par mois. « Pour une personne en perte d’autonomie, c’est énorme de pouvoir rester chez elle, dans son environnement. De surcroît avec des jeunes dynamiques qui sont là pour elle, qui se réveillent autant de fois qu’il le faut dans la nuit… Il y a un vrai échange intergénérationnel. »

Pour ces étudiants, Ernesti apparaît comme une solution pour arrondir les fins de mois. Un accompagnement de nuit, de 20 heures à 8 heures, est rémunéré 50 euros net pour chaque jeune. 23 euros de cotisations sociales s’y ajoutent, puis 15 euros de frais de service pour l’entreprise. « Cela coûte 88 euros mais après crédit d’impôt cela ne revient plus qu’à 52 euros », précise le cofondateur. L’entreprise n’est pas encore rentable et poursuit sa phase d’investissements, car « tout le développement se fait aujourd’hui en interne ».

300.000 euros pour consolider l’équipe

En décembre dernier, l’entreprise a levé 300.000 euros auprès de business angels. D’ici à la fin de l’année l’équipe de 9 salariés sera ainsi consolidée, avec le recrutement de quatre personnes. « Nous avons deux axes de développement, précise Quentin Zakoian. La partie technique sera renforcée car aujourd’hui beaucoup d’actions sont effectuées manuellement par notre équipe. L’objectif est d’avoir une vraie plateforme d’outils, pour permettre à chaque aidant familial de piloter quotidiennement les affaires de son proche. Seconde partie renforcée, l’opérationel. Nous recevons une dizaine d’appels d’aidants chaque jour, il faut que l’on arrive à gérer cette demande jusqu’à ce que la partie technique soit entièrement déployée. »

Ernesti souhaite également recruter 400 étudiants d’ici à la fin de l’année, et si l’entreprise bordelaise voit son activité majoritairement développée en Gironde, elle s’étend sur toute la France. Des étudiants à Paris, Lyon et Toulouse sont ainsi recherchés. « Il y a 300.000 étudiants en santé en France, alors on a de la marge », conclut Quentin Zakoian en plaisantant.

Ernesti 
Basée à Bordeaux
9 salariés
CA 2020 : n. c. 
www.ernesti.fr

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