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Nouvelle-Aquitaine : la crise a accentué l’attrait du foncier rural

Écosystème
mardi 22 juin 2021

Le bilan de l’année 2020 dressé par la Safer Nouvelle-Aquitaine souligne l’impact de la crise sur le foncier rural : si le marché baisse en volume, il progresse en valeur, avec une hausse soutenue par le marché des maisons à la campagne.

La Safer Nouvelle-Aquitaine a livré jeudi 17 juin lors d’une conférence de presse ses principaux indicateurs sur l’évolution du marché foncier de l’espace rural en 2020. Son bilan reflète un double impact de la crise sanitaire. D’un côté, la Safer souligne un ralentissement du marché foncier agricole, qui recule de 6% en surfaces et de 10% en valeur par rapport à 2019. Les échanges représentent 70.000 hectares, valorisés 982 millions d’euros, au travers de près de 14.000 transactions. En 2020, le marché des vignes s’est lui aussi contracté en volume, avec 3.829 hectares échangés sur l’année (-17%). Il a en revanche progressé de 7% en valeur, pour atteindre 296 millions d’euros (+13%), une hausse essentiellement imputable à la Gironde.

De l’autre, la Safer souligne une progression de 13% en valeur du foncier non agricole, alors que les ventes ne progressent que de 2% en surfaces. Le marché des maisons à la campagne est l’un des principaux catalyseurs de cette inflation, avec une reprise qualifiée de durable suite au confinement du printemps 2020. Avec 19.437 ventes en 2020 (+8%), il représente 13.128 hectares (+16%) et 3,44 milliards d’euros (+17%).

Ajouté à la part du marché foncier destiné à l’urbanisation (3560 hectares, soit -23% sur un an), le phénomène fait craindre à la Safer une pression accrue sur les surfaces agricoles, et donc sur les zones de revitalisation rurale, pour lesquelles elle appelle les différents acteurs concernés à rester vigilants. Elle évalue par ailleurs à 24.900 hectares la part de foncier soustraite à un usage agricole en 2020 pour des espaces de loisirs non bâtis, comme l’extension d’un jardin ou un usage récréatif. « L’urbanisation est moins galopante, certes, mais on peut encore mieux faire », a résumé Patrice Coutin, président de la Safer Nouvelle-Aquitaine, en référence à l’objectif zéro artificialisation nette à horizon 2050 fixé par la future loi climat et résilience.

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