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Relancer la construction : les pistes de l’Union régionale HLM Nouvelle-Aquitaine

Écosystème
lundi 23 mai 2022

Nicolas Blaison, ici aux côtés de Muriel Boulmier, est depuis janvier le directeur régional de l'Union régionale HLM en Nouvelle-Aquitaine - crédit AL

L’union régionale HLM Nouvelle-Aquitaine a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme à l’occasion de l’inauguration de son nouveau siège social, au Bouscat : entre tensions sur le foncier et inflation du prix des matériaux, le logement social a plus que jamais besoin de la collaboration de l’ensemble des parties prenantes, à commencer par les collectivités locales, pour répondre au déficit.

42.000 dossiers en attente à Bordeaux Métropole, 58.000 en Gironde, 150.000 à l’échelle de la région : un an après avoir cherché à alerter les pouvoirs publics sur la situation de la Nouvelle-Aquitaine en matière de logement social au travers d’un livre blanc, l’union régionale HLM n’a pas lâché son bâton de pèlerin. Elle a profité de l’inauguration de son nouveau siège social, le 16 mai dernier au Bouscat, pour convier les représentants des pouvoirs publics, leur rappeler son rôle, et leur suggérer quelques pistes d’action visant à favoriser la relance de la construction, dans un contexte doublement marqué par une augmentation de 40% du coût des matériaux, et l’allongement des délais nécessaires à la réalisation d’une opération.

« Le conjoncturel s’enkyste et nous ne sommes pas préparés à ça. Or notre mission d’amortisseur social consiste à permettre aux familles d’avoir l’habitat qu’elles attendent, même quand leur rêve d’accession à la propriété, toujours vivace, se heurte à l’inflation », résume Muriel Boulmier, présidente de l’union régionale. À ces difficultés s’ajoutent la question, toujours cruciale, de l’accès au foncier, alors que viennent de paraître les premiers décrets d’application fixant les paliers de réduction de l’artificialisation des sols prévus dans le cadre de la loi climat et résilience. « Tous les fonciers vont être regardés comme des pierres précieuses, et des débats enflammés sont à prévoir, même si les élus vont sans doute demander à profiter du principe de différenciation de la loi 3DS », estime la présidente.

Des souhaits, et des pistes de collaboration

L’union régionale HLM formule dans ce contexte quelques souhaits, à commencer par une révision du dispositif de réduction de loyer de solidarité (RLS), dont l’impact financier sur les bailleurs sociaux obère leurs possibilités d’investissement. Elle appelle également les collectivités locales à mettre fin au décalage entre les possibilités de construire offertes par les plans locaux d’urbanisme et la réalité des permis de construire finalement concédés, sujet récemment reconnu par Bernard Blanc, adjoint au maire de Bordeaux en charge de l’urbanisme.

Elle avance également quelques pistes, à commencer par une meilleure concertation avec l’ensemble des parties prenantes, et prépare pour ce faire une nouvelle communication en forme de vadémécum à destination élus locaux. « Beaucoup ne savent pas que l’on est aussi un aménageur, avec la capacité de faire du portage foncier, et de les assister dans des projets mixtes et complexes », commente Muriel Boulmier. Sur la question des délais, la présidente salue par ailleurs la mise en place des comités de suivi territoriaux, à l’initiative de la préfecture de région, qui visent à réunir l’ensemble des acteurs (bailleurs, collectivités, financeurs, services de l’Etat) pour passer en revue les dossiers en cours et lever les freins administratifs qui les ralentissent.

L’union régionale propose enfin de s’impliquer, aux côtés de la promotion privée, dans toutes les réflexions susceptibles de faciliter le démarrage de nouveaux projets, en construction comme en rénovation. « Je plaide pour une politique pragmatique de reconquête des combles ou de plans ascenseurs dans les zones urbaines. Ça ne fera pas le chiffre, mais c’est une façon d’avancer », estime la présidente. Autre piste envisagée : la vente en l’état futur d’achèvement (VEFA) inversée, qui permet aux organismes HLM de produire et de vendre des logements non sociaux à un promoteur privé.

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