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Relance éco : inégalité et fragilité en Nouvelle-Aquitaine

Écosystème
mardi 15 septembre 2020

Photo d'illustration - YB

Les secteurs de l’industrie, des services marchands et de la construction en Nouvelle-Aquitaine subissent tous trois une perte d’activité depuis le déconfinement. La reprise reste progressive, fragile et inégale selon la Banque de France Nouvelle-Aquitaine, et les projections à la mi-année sont toujours inférieures à celle de janvier.

La Banque de France Nouvelle-Aquitaine vient de présenter une enquête, réalisée à la mi-année, sur les perspectives économiques régionales. Jean-François Clédel le président de la CCI Nouvelle-Aquitaine a lui dévoilé le baromètre économique régional. « La reprise économique est progressive », note la Banque de France de Nouvelle-Aquitaine. Cette reprise reste inégale selon les secteurs, et encore insuffisante pour retrouver la croissance d’avant la crise. Les trois secteurs détaillés sont l’industrie, les services marchands et la construction.

Industrie : la fabrication de matériels de transport fortement touchée

L’enquête de la Banque de France met en lumière une forte baisse d’activité et d’effectifs pour la fin de l’année dans le secteur industriel. « Une contraction d’activité de 12% est envisagée à la mi-année, détaille Jacky Phillips, chef du département entreprises et études économiques à la Banque de France de Bordeaux. Concernant les effectifs, les prévisions sont de l’ordre de -6,4% ». La fabrication de matériels de transport est fortement touchée, quand l’industrie alimentaire, elle, résiste mieux.

30% des chefs d’entreprise interrogés en Nouvelle-Aquitaine pensent que leur activité va baisser, ils n’étaient que 9% en début d’année. 54% des interrogés estiment que leurs investissements vont diminuer, particulièrement dans le domaine de la fabrication de matériels de transport et d’équipements électriques.

Le baromètre des CCI de Nouvelle-Aquitaine vient compléter cette enquête. 73% des industriels de la Région indiquent rencontrer des difficultés, et 53% des concernés lient cela à une baisse de la demande. Enfin, 55% des sondés estiment que leur niveau d’activité est inférieur voire très inférieur à celui enregistré l’année dernière à la même période. 12% envisagent d’engager une réflexion de cession ou transmission de leur activité. 22% des entreprises expriment des besoins d’accompagnement, dont 50% des appuis financiers.

Très forte baisse de chiffre d’affaires pour les CHR

« Le secteur des services marchands était très porteur ces dernières années, surtout en 2019, reprend Jacky Phillips. Mais la dynamique est affectée par la pandémie. » Les prévisions à la mi-année prédisent une contraction des chiffres d’affaires de 2,6%, quand les projections de début d’année prévoyaient une hausse de 1,4%. Notamment dans le secteur de l’hébergement, qui subit le plus fort décalage d’activité. Les effectifs, eux, se stabiliseraient à la fin de l’année selon les projections. « Ils bénéficient d’une hausse attendue dans les activités informatiques, d’information et de conseil », détaille le chef du département entreprises.

Pour autant la rentabilité se dégraderait par rapport aux prévisions du début d’année : 50% des sondés estiment une baisse de rentabilité d’exploitation contre 9% en janvier, tout secteur confondu.

Selon le baromètre de la CCI plus de 50% des chefs d’entreprise sondés envisagent de nouvelles stratégies de développement dans les 6 prochains mois. Un tiers d'entre eux souhaitent particulièrement une diversification ou création de nouveaux produits et services. A noter que 40% déclarent une baisse de chiffre d’affaires de plus de 50% au premier semestre 2020. Le secteur des CHR (cafés, hôtels, restaurants) sont particulièrement affectés par la crise, avec une baisse de CA de 62%.

Construction : un approvisionnement de matières premières difficile

Dernier secteur présenté, « la construction rompt avec les progressions d’activité des exercices précédents et les anticipations plutôt positives du début d’année, présente Jacky Phillips. La production diminuerait de 10,6% en fin d’année, car « même si le secteur retrouve une forte dynamique en sortie de confinement, l’inertie de la remise en production des chantiers ne permet pas un retour immédiat de l’activité à son niveau d’avant-crise », note la Banque de France. Les effectifs seraient en baisse de 5,3%. En début d’année 30% des patrons sondés prévoyaient des investissements, ils ne sont plus que 4% pour la mi-année.

Selon la CCI Nouvelle-Aquitaine le BTP est surtout pénalisé par des difficultés d’approvisionnement de matières premières. 38% des chefs d’entreprise estiment que leur trésorerie est dans une situation difficile voire très difficile au premier semestre 2020, et 24% ont reporté ou annulé des investissements.

Enfin au 4 septembre, 58 381 entreprises régionales ont bénéficié du Prêt Garanti par l’Etat (PGE) sur les 574 722 à l’échelle nationale. Désormais « l’enjeu est de soutenir, sur le long terme, le potentiel de croissance », a affirmé le directeur de la Banque de France Nouvelle-Aquitaine Denis Lauretou.