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Régionales : « Il faut soutenir les filières existantes et réindustrialiser » pour Nicolas Florian

Écosystème
lundi 14 juin 2021

Nicolas Florian, tête de liste aux élections régionales - Crédits : DR

Nicolas Florian, ancien maire de Bordeaux, est candidats tête de liste LR et Nouveau Centre aux élections régionales. Entre défense des petites entreprises, de l’artisanat, et réindustrialisation du territoire, il revient pour Placéco sur plusieurs points de son programme économique.

Vous proposez un rééquilibrage des crédits vers les TPE et PME. Cela signifie-t-il que vous voulez supprimer les aides pour les grands groupes ?
Aujourd’hui c’est une enveloppe de 600 millions d’euros qui est consacrée au développement économique en Nouvelle-Aquitaine. Les petites sociétés représentent 95% des entreprises de la région, et elles ne bénéficient que de 10% des aides, d’où ce besoin de rééquilibrage. Pour autant je différencie les grands groupes ayant besoin des aides, et ceux n’en ayant pas besoin : il y a des opérations qui se feront, et ce n’est pas l’aide de la Région, que ce soit 600.000 euros ou 1M€ qui changera la donne. J’ai toujours en tête le projet de Ford il y a 15 ans, pour lequel tout le monde a mis de l’argent et on a vu ce que cela a donné.

Au sujet des industries, vous souhaitez engager un plan de réindustrialisation et de relocalisation. Comment procéderez-vous ?
Je voudrais identifier toutes les friches industrielles et cartographier la région. Il y en a une qui est très belle, c’est l’ancien site de Ford à Blanquefort avec près de 100.000 m² de bâtiments. L’idée serait de lancer ce que j’avais initié lorsque j’étais à Bordeaux Métropole : une vraie opération de réindustrialisation du site, plutôt qu’une vente à la découpe ou comme ça avait été envisagé, d’accueillir Amazon. C’est l’hydrogène, la mécanique, peu importe la filière tant qu'on essaye de conserver un site à vocation industrielle.

En premier lieu il faut je pense soutenir les filières existantes, qu’elles soient d’avenir un non. Le nautisme, l’aéronautique – c’est pour ça que je me battrai toujours pour le maintien de la navette entre Bordeaux et Paris car on a un écosystème autour de l’aéroport. Autour du bois également, je pense qu’on a des efforts sur l’exploitation de la forêt, le traitement du bois. Il y a un chainon qui manque, combien de fois nos bois sont coupés dans la région puis expédiés ailleurs pour revenir conditionnés ?

Aider les entreprises en fonds propres

Vous proposez de créer un fonds de souveraineté régional, quelle sera sa vocation ?
Il sera plutôt destiné à des entrepreneurs qui se lancent ou qui ont besoin de se développer, et qui ont des difficultés concernant les fonds propres. L’idée, c’est de leur donner ces fonds propres en entrant au capital de l’entreprise : ça ne leur coûte pas d’intérêts, et lorsqu’ils sont en bonne santé, nous leur cédons les parts pour qu’ils soient autonomes. Avec l’appui de Bpifrance, de la Banque des territoires, ainsi qu’une mobilisation de l’épargne populaire pour que les gens puissent investir dans ce fonds.

Il existe déjà le fonds régional Aquiti Gestion, en quoi est-ce différent ?
Ce n’est pas tout à fait pareil ! Aquiti Gestion fait du prêt sur gage, de l’amorçage, et ne devient pas actionnaire de l’entreprise. Là on entrerait au capital, ce qui est un filet de sécurité pour l’entreprise : parmi ses actionnaires, elle a la Région. (ndlr : Aquiti Gestion réalise bien des investissements en capital-risque via ses différents fonds)

Vous proposez de mettre en place une politique économique dédiée à l’artisanat, aux commerces et aux services, « trop longtemps oubliés par la Région »
Oui, sur différents volets. Tout d’abord sur ce qui relève de l’apprentissage car c’est la Région qui a cette compétence, qui a les financements. Je souhaite pouvoir travailler avec les filières, les fédérations, les chambres consulaires pour les aider au moins sur l’immobilier. Quand il s’agit de refaire un CFA (ndlr : centre de formation d’apprentis), de moderniser l’équipement, il faut qu’on soit plus dynamique. Tout comme pour la formation professionnelle, il faut qu’on associe un petit peu plus les chambres consulaires et en l’occurrence les artisans, sur les métiers en tension. Puis agir, faire du lobbying pour ouvrir des filières de formation adaptées aux besoins.

Concernant le soutien à l’activité entrepreneuriale de l’artisan, je souhaite aller de plus en plus vers des « Small Business Acts » sur nos marchés publics (ndlr : en référence à une loi américaine visant à soutenir les TPE). Que les artisans puissent répondre à des marchés publics à taille humaine pour les faire travailler davantage. Le code des marchés publics ne permet pas d’avoir des préférences locales, mais il est possible de privilégier les entreprises qui réduisent leur empreinte carbone : on a la solution.

La question de la sécurité

Pour finir, vous souhaitez instaurer un pacte régional de sécurité, pourtant cette compétence ne relève pas directement de la région...
C’est une lecture assez rapide des choses car ce n’est certes pas la compétence directe, mais la Région gère les lycées. D’autres Conseil régionaux ont d’ores et déjà équipé les parvis des lycées de vidéoprotection, moi je le ferai également en Nouvelle-Aquitaine. C’est une nécessité de parler de sécurité, car c’est la préoccupation première des Françaises et des Français. Si je suis élu président de la Région il y aura d’une part un ou une vice-président.e en charge des politiques de sécurités sur nos domaines d’intervention, comme les transports, le TER. Il y a une police des transports dans ce pays, c’est la sûreté ferroviaire. Il n’y a sûrement pas assez d’agents, donc on participera s’il le faut au financement de recrutements, et nous installerons une vidéosurveillance dans les gares, les rames.

Pour trouver les fonds nécessaires je stopperai de suite le projet de ligne entre Bedous et Canfranc qui coûte 450M€. Ensuite il s’agira de choix politiques : je réduirai les frais de fonctionnement de 5 à 10%, ce qui dégagera un peu plus de 100M€ d’autofinancement.

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