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Régionales : Edwige Diaz veut « soutenir l’innovation tout en restant pragmatique »

Écosystème
lundi 07 juin 2021

Edwige Diaz, candidate tête de liste RN aux régionales - Crédits : MB

Edwige Diaz, candidate Rassemblement National pour les élections régionales, porte la liste « Une région au service de la France ». Elle y défend le soutien à l’emploi via la conditionnalité des aides, et veut resserrer les liens avec les chefs d’entreprise. Pour Placéco, elle revient sur une partie du volet économique de son programme.

Dans votre programme électoral, le volet économique est guidé avant tout par l’emploi. Comment comptez-vous favoriser ce dernier dans les entreprises régionales ?
Je considère que la Région doit être un moteur en matière de développement économique et un partenaire des entreprises, avec comme objectif principal, en effet, l’emploi. Malheureusement le chômage est beaucoup trop haut en Nouvelle-Aquitaine et lorsque j’échange avec des chefs d’entreprises, beaucoup m’expliquent qu’ils se découragent lorsqu’ils voient le nombre de dossiers à remplir pour accéder aux aides. Je veux mettre en place une simplification dans l’accès aux subventions, avoir un guichet unique. Par exemple dans les maisons France Service qui irriguent le territoire, je veux qu’il y ait un bureau régional pour rapprocher le service public des chefs d’entreprise, les accompagner dans la constitution des dossiers. Pour rééquilibrer les territoires.

Cette proposition favorise les employeurs, que comptez-vous mettre en place pour vous assurer que les emplois soient préservés ?
Je veux préserver le tissu industriel qui a été très affaibli ces dernières décennies. Je pense par exemple à l’entreprise Borgwarner [ndlr : équipementier automobile américain] en Corrèze, qui délocalise son activité en Hongrie alors qu’elle a touché beaucoup de subventions publiques. Je pense qu’il faut conditionner les aides aux entreprises, au maintien de l’emploi dans la région, car l’argent public ne doit pas servir à renforcer les fonds d’une entreprise qui délocalise lâchement son usine et met sur le carreau 160 salariés. Également pour les subventions importantes, je souhaiterais que les sociétés bénéficiant de plus de 100.000 euros d’aides de la Région s’engagent à embaucher un jeune en contrat de professionnalisation ou d’apprentissage. On gère de l’argent public, 3 milliards d’euros, et cet argent doit bénéficier au plus grand nombre.

« Je serai une VRP de notre territoire »

Lors du débat organisé par Placéco, Le Populaire du Centre et 20 Minutes Bordeaux, vous avez déclaré vouloir soutenir l’ensemble des filières de la région. N’avez-vous pas peur d’un effet saupoudrage ? Ne faut-il pas favoriser des filières porteuses ?
Le problème c’est que tout le monde n’a pas la même définition de ce que l’on appelle les filières d’avenir. Les écologistes pensent aux énergies renouvelables, moi je considère que ce sont celles qui nous permettent de résister en cas de crise. Cela rejoint la question de la réindustrialisation, mais je pense qu’il faut également soutenir l’agriculture, l’énergie – nucléaire évidemment, pas les éoliennes – ou alors les énergies renouvelables, tout en gardant à l’esprit qu’elles ne sont utiles que marginalement. Je suis du nord de la Gironde et une entreprise y produit de l’énergie à partir de résidu de raisin. C’est une innovation technique que je salue, mais je sais que l’on ne va pas tous pouvoir s’éclairer grâce à ce procédé. Soutenir la recherche et l’innovation, oui, mais en restant dans le pragmatisme.

Idem pour la formation professionnelle : il y a je pense un problème car on ne l’a pas adaptée aux besoins des territoires. Je veux travailler avec les chefs d’entreprise car ce sont eux qui savent de quelle main d’œuvre ils ont besoin. Ensuite, c’est aux pouvoirs publics d’adapter l’offre de formation. Je pense qu’il faut plus de concertation entre trois entités : les employeurs, les demandeurs d’emplois et la Région qui, avec la CCI, doit être un chef d’orchestre et un outil de mise en relation.

Des liens existent déjà entre ces deux institutions. Vous trouvez que ce n’est pas suffisant ?
La CCI travaille bien, mais je pense que la Région doit faire plus car nous avons plus de demandeurs d’emploi. Le taux de pauvreté est à 13% en Nouvelle-Aquitaine, c’est un problème et je me dis que les actions employées n’ont pas produit de résultat, donc il faut les changer. Si je suis élue présidente de la Région, je serai une VRP de notre territoire. Je dirai aux entreprises déjà existantes de venir s’installer en Nouvelle-Aquitaine parce que l’on va développer les structures et les infrastructures ; et je dirai aux entrepreneurs en herbe de franchir le pas car on les aidera. J’ai été cheffe d’entreprise et quand on l’est, on a la passion, on a envie de transmettre. C’est donnant-donnant : si la Région les aide à transmettre cette passion, avec ces conditions de financement, je pense que ce sera une mesure très bien accueillie.

Vous parlez avant tout des TPE et des PME qui représentent la majeure partie des entreprises du territoire, mais que comptez-vous faire pour les grands groupes ? Avez-vous une politique différente ?
J’ai vu Clémence Guetté [ndlr : la candidate tête de liste pour LFI et NPA] être très opposée à ces grands groupes. Qui dit grands groupes, dit emplois ! Après je verrai dans quelle mesure on peut encadrer l’attribution d'aides aux grosses entreprises car je ne veux pas donner de subventions à des sociétés qui versent beaucoup de dividendes. Pour que l’argent public serve au plus vite à la signature de contrats et d’emplois pérennes.

« La sécurité et l’économie sont liées »

Vous ramenez souvent la sécurité dans le débat électoral, or ce n’est pas une compétence régionale…
Ce n’est en effet pas la compétence de la Nouvelle-Aquitaine car elle a refusé d’allouer des crédits propres à cela. D’autres régions comme l’Île-de-France ont beaucoup plus développé la sécurité dans leur politique publique. Si je suis élue présidente de la Région, je créerais une vice-présidence à la sécurité, en sécurisant par exemple les abords des lycées et les transports, TER et bus. Ces derniers sont continuellement dégradés, ce qui coûte de l’argent à la collectivité. Pour moi la sécurité et l’économie sont liées ! C’est une question d’enjeu public. Je n’ai pas encore chiffré le budget qui devra être alloué à ce volet, mais ce sera autant que nécessaire. A partir du moment où les partenaires de la Région sauront que l’on va enfin s’occuper de la sécurité des Néoaquitains, je pense que j’aurai beaucoup de demandes.

Comment comptez-vous trouver l’argent nécessaire pour cela ?
Tout d’abord je l’ai déjà dit : je ne souhaite pas augmenter les impôts des Néoaquitains. Mieux, même, je commencerai par faire des économies. En réalisant un audit des finances pour voir où on en est, en stoppant tous les crédits qui favorisent l’immigration massive. Je ferai en sorte que les crédits de la coopération internationale soient redirigés vers les missions prioritaires de la Région, et je pense que je pourrai faire beaucoup de tri dans les subventions aux associations car j’y suis très attachée mais je pense qu’il est mal réparti.

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