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Recrutement : ces acteurs girondins qui tentent de faire bouger les lignes (1/5)

Stratégie
lundi 25 avril 2022

Comment pallier les difficultés de recrutement des entreprises ? Tout au long de la semaine, Placéco donne la parole à des acteurs girondins qui s'efforcent de faire bouger les lignes.

Si l'entretien en face à face reste une étape incontournable, le premier contact enter recruteur et candidat s'établit désormais de plus en plus souvent par des voies détournées - crédit Pixabay

Face à la difficulté de trouver des candidats dans certains secteurs, les entreprises se remettent en question. De nouvelles méthodes de recrutement voient le jour ou gagnent du terrain, parfois hors des sentiers battus, loin de l’entretien classique en tête-à-tête.

Annonces tout azimut sur les réseaux sociaux, journées portes ouvertes dans une entreprise, semaine dédiée à un métier, panneaux publicitaires le long des routes, dates en cascade de jobdatings, propositions de prime à l’embauche… Difficile ces derniers mois ne pas sentir une effervescence dans le besoin de main d’œuvre et de collaborateurs. La Gironde est partie prenante de cet élan avec des chiffres inédits : 146.500 offres d’emploi sur ces 12 derniers mois, soit une hausse de 61% par rapport à l’an dernier et même de 18% par rapport à la période d’avant la crise sanitaire, d'après une enquête réalisée par BMO pour Pole Emploi auprès de 39.000 entreprises girondines.

Pour 2022, ce serait ainsi 35% des entreprises en Gironde qui témoignent d’une volonté de recruter, annonçant 98.000 projets de recrutement. L’agriculture et la viticulture prennent la tête du peloton avec une demande surtout d’emplois saisonniers. Dans le département, ces deux secteurs tablent pour cette année sur près de 13.000 intentions d’embauche. L’hôtellerie-restauration lui emboite le pas (8.000 intentions) ainsi que le secteur des services à la personne, soins à domicile et santé (plus de 12.000 intentions). L’industrie n’est pas en reste avec 2.400 projets de recrutement notamment dans des domaines tels que l’agroalimentaire et la logistique. La quête aux candidats touche également les entreprises du secteur high tech qui traquent sans relâche les profils d’ingénieurs, informaticiens et autres développeurs..

Multiplication des canaux

Si la demande bat son plein, les profils souhaités et les candidatures semblent manquer. En Gironde, selon l’enquête BMO, 69% des entreprises interrogées indiquaient ainsi s'attendre à rencontrer des difficultés pour pourvoir leurs postes vacants. Si les interprofessions s’interrogent ou se mobilisent pour rendre plus attractif des métiers souvent aux rémunérations faibles et dur physiquement, les entreprises, de leur côté, s’ouvrent peu à peu à de nouveaux dispositifs de recrutement. L’époque est révolue du seul dépôt d’annonce sur Pôle Emploi. Le temps est à la multiplication des canaux, notamment en ligne. Un phénomène accéléré par la période de crise sanitaire, qui a, de fait, accéléré la numérisation des procédures de recrutement : recours à des logiciels de pré-sélection, premiers entretiens en visio et tests à distance… On voit de grands groupes créer des sites dédiés au recrutement et lancer des podcasts avec des conseils pour postuler. D'autres multiplient les vidéos sur la vie de l’entreprise, avec témoignages de salariés, pour soigner leur marque employeur.

Des recrutements sur la personnalité

Les lignes bougent également sur les critères d’embauche. Une tendance forte veut désormais privilégier le savoir-être et non plus les seuls diplômes et CV. Ce sont les fameux soft skills : l’intelligence relationnelle, les capacités de communication, l’empathie, l’autonomie… Le candidat, pour être testé sur ces critères, est dès lors est mis en situation par diverses méthodes : un escape-game, un match de foot, des jeux en ligne, des défis...

Dans les secteurs très concurrentiels, où le candidat est en position de force, certaines entreprises rivalisent d’imagination par l’organisation d’événements uniques ou ludiques ou dans des lieux insolites. On invite le candidat à s’amuser, on le bichonne. Tout dernièrement, Sixt, société de location de voitures, organisait ainsi une journée de recrutement d’agents commerciaux dans un lieu branché de la capitale. Pour être mis dans les meilleures conditions, séduits aussi par l’entreprise, les postulants étaient ainsi tour à tour coiffés, maquillés, massés avant de participer à des quizz, séances photos et enfin un entretien d’embauche plus classique.

Le street sourcing : recruter des passants dans la rue

Autre tendance qui s’illustre localement : désormais, ce n’est plus forcément le candidat qui va à l’entreprise, mais l’inverse. Depuis 2020, la startup bordelaise Ethypik - en passe de lever des fonds - investit, elle, le street sourcing, soit le fait d’aller à la rencontre des passants, dans une rue ou un centre commercial. Le principe : proposer à ces passants un questionnaire rapide sur leur profil pour préqualifier leur profil et ensuite les diriger vers les recruteurs… La méthode, basée sur la force du face à face, privilégiant le savoir-être aux diplômes, permettrait d’aller dénicher ceux appelés les « invisibles », de faire découvrir des métiers peu connus. Elle témoignerait aussi, en allant chercher des profils plus diversifiés, d’une volonté chez les entreprises -même celles n’ayant pas de difficulté à recruter-, d’être de plus en plus ouvertes et inclusives.

Dans le prochain volet de ce dossier dédié aux initiatives originales en matière de recrutement et publié tout au long de la semaine sur Placéco, Nicolas Moreau, directeur territorial Gironde de Pôle Emploi nous livrera son analyse sur les bouleversements à l’œuvre du marché de l’emploi. 

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