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Pierre Hurmic dévoile les investissements de son «nouveau souffle» pour Bordeaux

Écosystème
vendredi 26 mars 2021

Claudine Bichet et Pierre Hurmic, le 8 février à Bordeaux - photo AL

Pierre Hurmic a dévoilé vendredi les grandes orientations du plan pluriannuel d’investissement de la Ville pour la période 2021- 2026. Résumé par la formule « un nouveau souffle pour Bordeaux », il fait l’impasse sur les grands projets d’aménagement au profit de la rénovation de l’existant et des équipements de proximité.

Une présentation en forme de teaser. Pierre Hurmic a esquissé vendredi les grandes orientations du prochain budget primitif de Bordeaux ainsi que de son plan pluriannuel d’investissement (PPI), mais sans détailler l’exhaustivité des investissements envisagés. La primeur en est en effet réservée au conseil municipal qui se tiendra mardi 30 mars. Le maire écologiste de Bordeaux s’est en revanche exprimé sans ambages quant à la philosophie générale de la politique d’investissement de son équipe municipale, baptisée « un nouveau souffle pour Bordeaux ».

« Si nous devions qualifier l’urbanisme bordelais de ces dernières années, voire de ces dernières décennies, grandes métropoles se sont épuisées dans une compétition d’image et d’attractivité. Et ça c’est fait d’une part au détriment des territoires périphériques et également au détriment des habitants eux-mêmes qui ne peuvent plus se loger et doivent s’installer toujours plus loin de leur lieu de travail », attaque Pierre Hurmic, qui souhaite que l’indice de rayonnement de Bordeaux soit désormais le bien-être de ses habitants.

« Aujourd’hui, on entre dans une nouvelle ère, celle de la renaturation de la ville, de la régulation de son urbanisation et de sa résilience. Ce sont les 3 R de Bordeaux », déclare le maire écologiste. Pierre Hurmic, qui avait largement dénoncé les « dépenses somptuaires » de la précédente équipe lors de la présentation de l’audit des finances de la Ville, annonce ainsi que 50% du PPI - dont l’enveloppe globale avoisine 550 millions d’euros sur six ans - seront consacrés à la rénovation ou à l’entretien des équipements municipaux existants.

Adapter la ville aux défis environnementaux

Accompagné de Claudine Bichet, sa première adjointe, Pierre Hurmic a déroulé les grands axes de sa politique en matière d’urbanisme. Elle prévoit près de 75 millions d’euros pour la végétalisation de la ville, ainsi qu’une enveloppe de 50 millions d’euros pour rattraper le retard de Bordeaux en matière d’accessibilité. Une ligne budgétaire est également dédiée à la réduction de la consommation énergétique des bâtiments publics, avec un objectif fixé à -25% sur tous les sites qui feront l’objet de travaux d’entretien ou de rénovation. « On a inscrit l’extension des zones piétonnes dans toute la ville », indique par ailleurs le maire. La ville devrait également lancer un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour accompagner le développement des professionnels exerçant à vélo. Sur le volet urbanisme, le maire indique que la stratégie de la ville en matière de logements sociaux sera bientôt précisée, tout comme le contenu exact du futur label « bâtiment frugal bordelais » qui encadrera bientôt les grands projets immobiliers.

155 millions d’euros en direction des écoles, des crèches et des espaces sociaux

Deuxième volet de ce plan d’action, l’ « émancipation » doit passer par le renforcement des infrastructures publiques, avec une enveloppe globale fixée à 155 millions d’euros. Elle comprend 92 millions d’euros pour la création de dix nouveaux groupes scolaires, l’extension de cinq écoles existantes et la rénovation d’autres établissements. 30 millions d’euros seront consacrés à la création de 8 crèches ainsi qu’à l’extension de plusieurs autres. Bordeaux prévoit également 12 millions d’euros pour végétaliser ses cours d’école, les « dégenrer » et mutualiser certains espaces extérieurs entre école et crèche voisines. La Ville entend également créer une maison des aidants à Caudéran, présentée comme un lieu ressource pour les personnes qui aident un proche souffrant ou handicapé, ainsi qu’une maison de l’hospitalité dédiée au service public du logement. Le centre communal d'action sociale (CCAS) devrait quant à lui profiter d’un budget en hausse de 30%.

5 millions d’euros pour le budget participatif

Troisième axe, la réponse aux « aspirations démocratiques » des Bordelais passe notamment par la mise en place des assises du pouvoir partagé et des outils associés. Le PPI prévoit également une enveloppe de 5 millions d’euros consacrée au budget participatif. « Ça représente en moyenne 20 euros par habitant, à comparer à la moyenne nationale qui se situe plutôt aux alentours de 6,5 euros », fait remarquer Pierre Hurmic. La Ville souhaite par ailleurs mieux mettre à profit son patrimoine immobilier pour accompagner l’action participative et associative. Le collège Fieffé, dans le secteur du Sacré Cœur, est pris comme exemple de bâtiment susceptible d’être rapidement réhabilité pour donner naissance à un pôle multi-activités impliquant par exemple des associations œuvrant autour du thème de la famille.

« On met le paquet sur les équipements sportifs de proximité »

Sur le volet sport et culture, Pierre Hurmic réaffirme son affection pour le stade Chaban Delmas. « C’est nous, quand nous étions dans l’opposition, qui avons contribué à sauver le stade Chaban d’un projet immobilier qui l’amputait d’une partie de ses espaces sportifs. On va y investir et tout faire pour qu’il soit plus ouvert, au service des Bordelais », promet le maire de Bordeaux. Le PPI prévoit 8 millions d’euros sur le stade Chaban ainsi que sur le parc Lescure voisin, un chiffre présenté comme dérisoire au regard des 120 millions d’euros de dette transférés à la Métropole pour le règlement du stade Matmut Atlantique.

Pierre Hurmic annonce un « mandat de piscines », avec 38 millions d’euros fléchés en direction de l’ensemble des piscines de la ville, en commençant par la piscine Judaïque et celle de Grand-Parc, mais aussi des investissements sur les berges du Lac visant à « pouvoir utiliser notre principale piscine naturelle ». La Ville envisage également la création de trois nouveaux gymnases (Bacalan, Bassins à Flots et Brazza), en soulignant que les équipements sportifs construits ou rénovés ont vocation à être ouvert aux publics extra-scolaires le soir et le week-end. L’équipe écologiste se veut enfin active en soutien à la culture, avec la création d’un pôle culturel à la Benauge, rive droite, et d’une école de cirque aux Aubiers ainsi que la rénovation du Garage Moderne à Bacalan.

« C’est sûr que planter une micro-forêt, ça se voit moins que poser la première pierre d’un grand bâtiment, mais c’est plus utile au bien-être des habitants », conclut Pierre Hurmic, qui fait de la « sobriété » le fil conducteur de cette politique d’investissement.

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