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Olivier Laban, ostréiculteur engagé pour sa filière

Inspiration
jeudi 27 août 2020


Olivier Laban est basé à Gujan-Mestras - Photo MB

Olivier Laban est ostréiculteur à Gujan-Mestras. Président du comité régional de conchyliculture Arcachon-Aquitaine durant 12 ans, il se consacre aujourd’hui essentiellement à son entreprise, tout en restant engagé dans la défense de sa filière. Avec 14 employés et 1,2 million d’euros de chiffre d’affaires par an pour la partie production d’huîtres, ce passionné sait relativiser. Rencontre.

A Gujan-Mestras le long de l’allée des Prés Sales, un entrepôt se tient parmi d’autres. Sur la façade on peut y lire « Huîtres Laban ». Cette compagnie ostréicultrice appartient à Olivier Laban, enfant de la mer et chef d’entreprise à l’écoute de sa filière.

Pourtant au départ, s’il est originaire de la Teste-de-Buch, Olivier Laban ne se destinait pas à ce métier. « J’ai fait une formation de charpentier de marine, détaille-t-il. Je n’ai pas le bac mais un CAP. » Travailler au contact de la mer était comme une évidence et l’océan n’a jamais été loin de lui. En 1987 il part faire son service militaire à bord du porte-avion Clémenceau, et passe plus d’un an dans l’océan indien. « Durant les périodes de mission j’avais amplement le temps de penser à l’avenir. La filière de la charpente marine était dans le creux de la vague à l’époque, alors je me suis demandé quel métier je pouvais faire. »

« Je n’ai plus quitté le milieu ostréicole »

De retour dans sa ville natale, il cherche parmi ses contacts un poste à pourvoir en ostréiculture. « En octobre 1988 j’ai fait un remplacement qui devait durer 15 jours. Je n’en suis jamais reparti. » Olivier Laban reste salarié des huîtres Lacoste jusqu’en 1992, puis a l’opportunité de racheter une exploitation au bout du port. « Mon patron m’a alors proposé de m’associer avec lui sur l’affaire. L’entreprise est devenue Lacoste-Laban, puis en 1999 il a fait valoir ses droits à la retraite. C’est là que sont nées les huîtres Laban. »

L’entrepreneur délocalise alors une partie de la production en Bretagne puis en Normandie, et poursuit le développement de son entreprise. Aujourd’hui la production se fait sur le bassin d’Arcachon et en Normandie, et rapporte chaque année 1,2 million de chiffre d’affaires. Entre 150 et 200 tonnes d’huîtres de tout âge y sont produites.

Les pieds sur terre, Olivier Laban relativise. « Je ne sais pas si j’ai réussi, disons que je travaille beaucoup. Il faut de la volonté pour avancer dans cette filière car il n’y a pas de recette miracle. Personne n’a pour l’instant créé une application qui ramasse les huîtres », ironise-t-il. Surtout, il tient sa force de l’éducation donnée par sa mère. « Je l’ai vue travailler toute sa vie sans se plaindre. Elle était femme de ménage, et allait au travail à bicyclette. J’ai toujours gardé cela en ligne de mire. »

Un engagement pour sa filière

En parallèle de son activité, son amour pour l’ostréiculture l’a poussé à s’engager. Durant 12 ans jusqu’en 2016, Olivier Laban occupe le poste de président du comité régional de conchyliculture Arcachon-Aquitaine. « Lorsqu’on a l’envie et une petite capacité à faire bouger les choses, je pense qu’il faut foncer. » En 2011 une victoire s’inscrit à son palmarès : un arrêté préfectoral autorise les producteurs à faire déguster leurs produits directement dans leurs cabanes, sur le bassin. « Ça apporte une vraie valeur ajoutée ! Création d’emplois saisonniers, attractivité … Je me suis battu pour cela. »

Mais son combat, il le mène aussi pour l’environnement. « Pour obtenir des produits sains, il faut être dans un territoire qui l’est aussi. Il faut être un contre-pouvoir permanent pour sensibiliser le public. ». Et puis, le littoral est une zone convoitée. « Si l’on ne se fait pas entendre, s’il n’y a pas une représentation forte de notre filière, on sera vite remplacés. » Pour appuyer ses propos, Olivier Laban regarde le passé. Dans les années 1970 environ 1.500 entreprises étaient présentes sur le bassin, quand il n’en reste que 280 aujourd’hui. Idem pour le poids du tourisme : la filière conchylicole pèse entre 50 et 60 millions d’euros par an sur le bassin, quand le tourisme rapporte presque dix fois plus, entre 450 et 500 millions d’euros.

Depuis son départ à la tête du comité régional, Olivier Laban se consacre essentiellement à faire vivre sa structure. Il produit ses huîtres, a ouvert un bar dédié à ce met, une Maison Laban sur le port de Larros, et aussi un distributeur de bourriches accessible 24h/24. Ce passionné n’a pas laissé tomber sa double casquette : il a fondé il y a trois ans le GE2M, Groupement d’Employeurs des Métiers de la Mer, et siège comme vice-président de la caisse régionale du Crédit Agricole.

Avancer malgré une année compliquée

L’année 2020 comme pour tous les secteurs est compliquée. Arrêt total de la production à la mi-mars, puis redémarrage et nouvel arrêt pour cause d’algues toxiques dans le bassin : « Nous avons eu une perte sèche de chiffre d’affaires. » Olivier Laban s’estime tout de même heureux, car si en juin le chiffre d’affaires a été de -40% comparé à 2019, en août, il oscille entre -6 et -10%.

L’ostréiculteur s’attend pourtant à une rentrée compliquée, même si quoi qu’il arrive, il sera comme d’habitude sur son bateau pour prélever ses précieuses huîtres.


Huîtres Laban
Gujan-Mestras
14 salariés
CA : 1,2 million d'€
www.huitres-laban.com

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