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Nicolas Chabrier, Apacom : « la com’ est aussi un sport de combat ! »

Écosystème
lundi 28 septembre 2020

Nicolas Chabrier, président de l'Apacom

Touché de plein fouet par la crise, le monde de la communication se mobilise pour valoriser son rôle clé dans la relance économique. Les explications de Nicolas Chabrier, président de l’Association des professionnels de la communication en Nouvelle-Aquitaine (Apacom), qui réunit près de 600 adhérents représentant l’ensemble des métiers et des compétences de la filière.

Comment les professionnels de la communication abordent-ils cette rentrée sous turbulences ?

Il est encore trop tôt pour un état des lieux chiffré mais la crise est globale. Elle touche aussi bien les agences et leurs prestataires que les annonceurs, qui ont tendance à rationaliser leurs budgets. L’équation est complexe pour les agences qui doivent trouver de nouveaux leviers d’action commerciale et de prospection. Du côté des indépendants, la crise a renforcé le sentiment de solitude. Elle renforce la conscience de groupe et favorise les rapprochements, notamment pour faciliter les aspects commerciaux et économiques de l’activité. On voit apparaître de nouvelles organisations, de nouvelles méthodes de gouvernance, ce qui est très positif, même si les différences de structures posent la question de la préservation de la valeur de nos métiers.

Le volet événementiel souffre particulièrement, puisque ses représentants sont privés d’être dans le « faire ». On voit beaucoup de créativité, avec la mise en place de manifestations augmentées et des mutations pour arriver à distancier le présentiel. Les événements sont encore rares donc l’envie revient chez les gens qui y participent. Le monde de la production et du spectacle est quant à lui totalement privé d’activité et demande au Gouvernement d’agir massivement. C’est le sens de la campagne Alerte Rouge lancée ces derniers jours par la profession.

Quel est l’état d’esprit au sein de l’Apacom et de ses différentes commissions de travail ?

Nous nous sommes d’abord voulus solidaires, pendant la crise comme après la crise. L’Apacom a par exemple lancé dès le début du confinement un groupe Facebook ouvert à tous, adhérents ou non-adhérents, pour continuer à échanger, avancer, demander un service et trouver des solutions pratiques. Dans un contexte professionnel compliqué, on voit bien comment le fait d’être ensemble permet de soutenir l’écosystème, que ce soit une agence qui va chercher une expertise précise chez sa voisine ou des freelances qui se regroupent pour répondre ensemble à un appel d’offres. Nous avons également lancé une cagnotte visant à financer une campagne sur la valorisation des métiers de la communication. Elle fera la promotion de nos métiers, en soulignant qu’il n’y pas de relance économique sans communication. Nous restons fidèles à l’idée selon laquelle nos métiers partagent des valeurs similaires que l’on soit une agence, un indépendant, un média ou un annonceur. Il est donc important de faire converger tous ces profils vers le grand C de la communication !

C’est d’ailleurs l’idée de nos trophées de la com, qui ont lieu tous les ans, à Bordeaux et à Toulouse. Cette année, qui aurait dû être la huitième édition, ils prendront la forme d’une galerie digitale, la Galerie 7.5, pour célébrer les forces vives de la filière, son adaptabilité et l’utilité du métier. Tous les communicants sont invités à y exposer leur créativité, dans une optique de coopération plus que de compétition. Celui qui reçoit le plus grand nombre de coups de cœur décernés par les internautes se verra offrir un spot vidéo pour expliquer justement comment il a réussi à faire du beau et de l’utile dans un contexte difficile. C’est aussi une façon de montrer les coulisses pour faire comprendre nos métiers et montrer que la communication ne se limite pas à utiliser la suite Adobe. Comme l’architecture, la com est aussi un sport de combat !

L’Apacom souhaite également porter ces messages au niveau national ?

Nous avons annoncé en juin notre entrée dans la filière communication créée en 2017 par le Gouvernement, pilotée par le ministère de l’Economie et sous la tutelle du ministère de la Culture. La filière Communication concerne principalement les agences, mais elle implique une forte collaboration avec l’Union des Marques qui représente les annonceurs, ce qui nous permet de participer à toutes les questions liées aux grands enjeux de nos métiers. Des membres de l’Apacom ont par exemple contribué via la filière à amender les premiers éléments du projet de loi sur la publicité et la transition écologique. De façon plus large, nous travaillons notamment sur trois axes : comment communiquer de façon plus responsable, la complémentarité entre l’agence et l’annonceur, et l’éthique vis-à-vis du rapport à l’information.

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