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Ma Ville Mon Shopping : comment la Poste veut transformer l’essai

Stratégie
mardi 15 juin 2021

Philippe Dorge, directeur général adjoint de la Poste, et Thierry Chardy, directeur général de Ma Ville Mon Shopping - photo AL

Désormais basée à Bordeaux, la filiale de la Poste Ma Ville Mon Shopping prévoit une quinzaine de recrutements pour accélérer le développement de sa place de marché et s’imposer comme le partenaire de choix dans la numérisation des activités des commerces de centre-ville à l’échelle nationale.

Mavillemonshopping.fr propose et développe des services dédiés à l’animation du commerce local. Ils passent notamment par une place de marché sur laquelle les commerçants sont invités à numériser leur catalogue de produits, de façon à disposer d’une vitrine sur le Web et de nouveaux canaux de distribution, qu’il s’agisse de click and collect ou de livraison à domicile après un achat en ligne. L’offre, présentée comme une solution clés en main, intègre la création d’une boutique en ligne, l’accès à une interface de mise en ligne des produits et de gestion des stocks, l’ensemble du parcours d’achat en ligne, ainsi que différentes modalités de livraison, locale ou nationale, et de retrait en magasin.

Entrée dans le giron du groupe La Poste en 2017 via une prise de participation majoritaire, cette startup fondée à Pau a enregistré son véritable décollage commercial depuis le début de la crise sanitaire, grâce à une stratégie de développement centrée sur les collectivités locales. Ma Ville Mon Shopping a en effet réussi à convaincre plusieurs grandes villes, intercommunalités et chambres consulaires de financer la gratuité, totale ou partielle, de l’accès à ses services pour le compte de leurs commerçants locaux.

En Gironde, Ma Ville Mon Shopping est par exemple la plateforme retenue par la CCI et la CMA pour accompagner les collectivités locales dans leur soutien à la numérisation des commerces de proximité. L’opération, cofinancée à hauteur de 150.000 euros par la Région, permet par exemple aux entreprises des territoires partenaires de bénéficier de la gratuité des frais de commission et de livraison jusqu’au 30 septembre 2021.


Commissions et frais Ma Ville Mon Shopping, avec et sans soutien d'une collectivité - capture d'écran CCI Bordeaux-Gironde

« Quelques centaines de ventes par jour »

Ces différentes initiatives, soutenues localement par des campagnes de communication réalisées par les chambres consulaires, permettent aujourd’hui à Ma Ville Mon Shopping de revendiquer plus de 15.000 commerçants enregistrés dans 3.600 communes, et 350.000 références produits sur sa plateforme. La société ne communique pas le volume d’affaires généré par son intermédiaire, mais affirme enregistrer « quelques centaines de ventes par jour ». Elle indique en revanche avoir enregistré près d’1 million de visiteurs uniques, et réalisé plus de 8,3 millions de pages vues sur un an, entre avril 2020 et avril 2021, des chiffres sans commune mesure avec l'audience des leaders du e-commerce. Pour La Poste, l’idée n’est cependant pas de positionner sa plateforme frontalement face aux grandes places de marché opérées ces derniers.

« Quand vous allez sur Amazon, vous cherchez d’abord un produit, puis le meilleur prix. En local, on veut pouvoir réserver un produit dans un magasin précis, ou s’appuyer sur les conseils d’un marchand qu’on connaît. Ma Ville Mon Shopping a vocation à valoriser le commerce physique de proximité, qui a besoin de se concentrer sur son cœur d’activité, mais doit aussi pouvoir disposer d’outils équivalents à ceux des acteurs du e-commerce pour garder le lien avec son client, en s’appuyant si nécessaire sur les solutions logistiques du groupe La Poste et un parcours d’achat robuste », explique Philippe Dorge, directeur général adjoint de la Poste et directeur de la branche Services Courrier Colis.

Accompagner et former les commerçants

« Nous ne faisons pas que du e-commerce. Pour nous, le Web est vraiment complémentaire de la boutique physique, abonde Thierry Chardy, directeur général de Ma Ville Mon Shopping. Nous partageons un objectif commun avec les collectivités, qui est d’accompagner et de former les commerçants dans le développement de leur présence en ligne, en sachant que les besoins sont disparates selon les commerces, les secteurs d’activité et le niveau de maturité vis-à-vis du digital. Nous voulons désormais nous adresser directement aux commerçants ».

Pour y parvenir, la société indique travailler au développement de nouveaux services, comme la rédaction de fiches produit ou l’intervention d’un photographe professionnel pour mieux mettre en valeur le catalogue du marchand et favoriser le référencement, le pré-paramétrage de certains contenus, ou la connexion directe entre la plateforme et le logiciel de caisse du commerçant. « Nous regardons aussi comment accompagner les acteurs de l’alimentaire sur les marchés, en permettant par exemple au consommateur de faire son marché à distance chez plusieurs commerçants avec un seul panier et une unique livraison », illustre Thierry Chardy.

Ma Ville Mon Shopping, qui a récemment doublé ses effectifs pour atteindre 30 personnes, prévoit de recruter 15 personnes supplémentaires pour porter ces différents projets, avec des développeurs, des profils marketing ou communication, mais aussi et surtout des « account managers » dont la mission sera d’accompagner les commerçants au quotidien dans leur appropriation de la plateforme. La société, précédemment répartie entre Pau, Paris et Bordeaux, vient par ailleurs de réunir ses équipes sur un nouveau plateau bordelais, négocié via Poste Immo dans les locaux de la Poste à Mériadeck. Elle se prépare par ailleurs à prendre le relais des collectivités locales sur le volet communication, avec des campagnes média nationales prévues pour la rentrée de septembre.

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