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Luos lève 1,2M€ pour créer les « microservices » de l’embarqué

Demain
mardi 23 février 2021

L'équipe Luos - photo Luos

Basée à Bordeaux, Luos met au point une méthodologie et des outils visant à faciliter la réutilisation des développements dans les mondes de l’électronique et de l’embarqué. Sa première levée de fonds doit lui permettre de recruter et de mieux faire connaître sa démarche inspirée de la philosophie des microservices.

Premier tour de table réussi pour Luos : la startup, fondée en juillet 2018 à Bordeaux, vient de lever 1,2 million d’euros, avec l’appui d’ADI Nouvelle Aquitaine, auprès d’un panel d’investisseurs réunissant Aquiti Gestion, Skalepark, Foreis, Bpifrance, Région Nouvelle-Aquitaine, Airbus Développement et Michelin Développement. « Notre défi, après cette levée de fonds, sera de réussir à sensibiliser les développeurs à l’approche nouvelle que propose Luos, pour que notre méthodologie finisse par devenir un réflexe », commente Nicolas Rabault, cofondateur et président de Luos.

Faciliter la réutilisation des développements embarqués 

La création de Luos part d’un constat : dans le monde de l’électronique embarqué, le développement fonctionne encore le plus souvent de façon monolithique, en partant d’une feuille blanche pour chaque nouveau projet. « En y regardant de plus près, on réalise que les développeurs consacrent 75% de leur temps à refaire des choses qui ont déjà été faites ailleurs, ce qui rend la création de nouveaux produits à la fois longue et coûteuse », explique Nicolas Rabault. Avec Simon Baudry et Emanuel Allely, les deux autres cofondateurs de Luos, il imagine une architecture logicielle open source pensée pour faciliter la réutilisation de briques déjà existantes, de façon à accélérer les développements et autoriser une forme de modularité dans la conception. « Notre technologie permet d’isoler les différentes fonctionnalités hardware d’un appareil, puis d’orchestrer les interactions entre chacune d’entre elles », résume Nicolas Rabault.

Des microservices appliqués à l’électronique

La démarche de Luos est directement inspirée d’une des grandes tendances de fonds dans le monde informatique : l’approche microservices, qui consiste à ne plus envisager une application comme un pan de code monolithique dont tous les processus sont interdépendants, mais comme un ensemble de composants indépendants capables de communiquer les uns avec les autres grâce à une interface standardisée. Dans cette vision, chaque composant est susceptible d’être piloté, mis à jour ou remplacé pour répondre à un besoin précis, sans qu’il soit nécessaire de modifier l’ensemble de l’application. « Techniquement, notre architecture n’a rien à voir avec ce qui se fait dans le monde logiciel, notamment parce que nous n’utilisons pas la virtualisation, mais le concept et les bénéfices associés sont équivalents », commente Nicolas Rabault.

Sur un appareil comme un aspirateur robot ou une trottinette électrique, le modèle proposé par Luos permettrait par exemple d’ajouter un capteur ou un autre équipement sans développement spécifique, dès lors que le composant répond aux prérequis techniques. « Nous standardisons la façon dont les différentes fonctionnalités de l’appareil échangent des informations. Le développement peut ainsi se faire par étape, avec une machine évolutive », illustre le cofondateur de Luos.

Un modèle économique basé sur les services

Luos distribue le cœur de sa technologie sous licence open source, de façon à fédérer un maximum d’utilisateurs. Son modèle économique repose sur une offre de services qui englobe l’accompagnement, la formation, la sécurisation des briques hardware et la gestion du cycle de vie du produit, à commencer par son évolutivité. Luos ambitionne par ailleurs de créer des outils logiciels capitalisant sur son approche pour accélérer et optimiser les phases de développement produit et analyser en détail le comportement du produit final afin d’identifier, par exemple, les faiblesses en matière de performances ou de fiabilité.

Luos, qui cible en premier lieu des marchés tels que la robotique de service, la mobilité (trottinettes ou vélos électriques partagés par exemple) et l’électroménager connecté, compte déjà quelques clients en Nouvelle Aquitaine, à l’image de 3Ditex, Nimbl’bot ou Pollen Robotics, dont Nicolas Rabault est d’ailleurs l’ancien directeur technique. La startup, accompagnée par Unitec depuis sa création et installée dans les locaux d'Héméra place Ravezies, a par ailleurs travaillé à quelques « preuves de concept » avec SNCF et le Crédit Agricole.

Dix recrutements prévus d’ici deux ans 

Avec une technologie arrivée à un seuil de maturité suffisant, Luos cherche désormais à gagner des utilisateurs pour passer à l’échelle. Sa récente levée de fonds doit dans ce contexte lui permettre de travailler sur les différents aspects marketing de son offre, afin de la faire connaître auprès de ses publics cible, tout en poursuivant ses développements techniques ainsi que son travail de recherche. L’équipe, qui compte actuellement huit personnes, s’enrichira début mars de deux nouveaux profils. « Notre ambition est d’arriver à une vingtaine d’employés à Bordeaux d’ici deux ans », confie Nicolas Rabault. Luos cherchera en parallèle à s’implanter aux Etats-Unis et au Japon, pour se rapprocher des scènes locales, particulièrement actives en matière d’électronique embarqué, et donner naissance à un véritable écosystème autour de ces technologies. « Il faut que Luos devienne un réflexe pour tous les développeurs embarqués ! »

Luos
223 avenue Emile Counord, Bordeaux
Fondée en 2018
Fondateurs : Nicolas Rabault (CEO), Simon Baudry (Customer success et administratif), Emanuel Allely (COO)
8 collaborateurs
CA : NC

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