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Le Port de Bordeaux revitalise le trafic de conteneurs

Stratégie
lundi 27 septembre 2021

Le terminal à conteneurs de Bassens, doté de nouveaux aménagements et outillages de manutention, a été officiellement inauguré jeudi 23 septembre dernier.

Plus de 11 millions d'euros ont été investis pour optimiser et développer le trafic maritime de conteneurs sur le terminal de Bassens. Un « point d’étape » dans la stratégie du Grand Port Maritime de Bordeaux qui actera, à la mi-octobre, sa feuille de route pour les cinq ans à venir.

Deux grues, dont l’une entièrement neuve, trônent désormais fièrement sur les quais du terminal de Bassens. Elles se meuvent dans un élégant ballet aérien chargeant et rechargeant à la chaîne des dizaines de conteneurs. L’asphalte des terre-pleins, refaits à neuf, qui s’étendent désormais sur 86 000 m2, rutile. La destruction en décembre dernier d’un hangar délabré, le 45, a permis de gagner près de 20 000 m2 de surface pour mieux stocker des centaines de conteneurs. Le système d’éclairage a été amélioré tout comme celui de l’assainissement d’eau potable. En bout de quai, se dresse désormais un bâtiment dédié aux contrôles sanitaires et vétérinaires assurés par les services de l’État sur les produits importés de pays tiers. Situé auparavant dans la zone de fret de Bruges, ce nouveau poste de contrôle va permettre de même de gagner en rapidité dans les transits, tout comme la mise en place d’outils de gestion numérique avec les opérateurs.

Après plusieurs mois de travaux et plus de 11 millions d'euros investis par le Grand Port Maritime de Bordeaux, l’État, les collectivités territoriales mais aussi la filiale de manutention BOP, le terminal de Bassens a fait sa mue. Lors de l’inauguration du nouveau terminal jeudi dernier, le président du Conseil de surveillance du GPMB, Philippe Dorthe, voit ainsi dans cette rénovation, le « premier grand acte d’une révolution culturelle. »

De nouveaux hangars de stockage sur Bassens en 2022

Jean-Frédéric Laurent, président du directoire du GPMB, initiateur de ce chantier « conteneur » jugé prioritaire pour fiabiliser l’existant, évoque, lui, surtout « un point d’étape » avant le vote à la mi-octobre du futur plan stratégique du GPMB. « Une des premières opérations du plan stratégique sera ainsi de poursuivre la rénovation du terminal de Bassens. Un hangar sera rénové et doté de panneaux photovoltaïques pour une production d’électricité autonome. Deux autres hangars seront construits, soit au total 12 000 m2, et ce afin de répondre à un besoin de stockage ». De même, pour favoriser la multi-modalité, un tronçon de 600 m de voies ferroviaires sera remis à niveau l’an prochain.

Capable désormais de proposer une manutention plus cadencée et sur deux navires simultanément, dimensionné pour traiter jusqu’à 80 000 conteneurs par an, le nouveau terminal se veut « un outil à destination de toute la communauté économique », comme l’a souligné Jean-Frédéric Laurent. De fait, depuis les déboires et la fermeture du terminal conteneurs Verdon, suivi de l’arrêt des flux maritimes de l’armateur MSC, l’usure des outillages, le trafic n’a cessé de décliner. Durant ces dix dernières années, le trafic de conteneurs du GPMB est ainsi passé de 55 000 EVP traités par an à aujourd’hui 30 000 EVP.

Une deuxième escale hebdomadaire à l’étude

Seul opérateur sur Bordeaux, l’armateur CMA-CGM assure ce trafic via son escale hebdomadaire du jeudi remontant sur Montoir et le Havre. Ce dernier, via son directeur des opérations portuaires France, Éric Sagnier, se réjouit de la rénovation de Bassens, « nous serons à 17 conteneurs à l’heure, soit un gain de productivité. Et une bonne escale à Bordeaux, c’est une bonne escale à Montoir. En nombres d’escales, on va faire plus ». L’armateur a de même lancé une étude sur la possibilité de créer une deuxième escale hebdomadaire sur Bordeaux, d’ici un à deux ans seulement compte tenu du contexte mondial de congestion sur cette filière et les effets de la crise Covid qui sur Bordeaux se sont traduits par une baisse de 17% du trafic conteneurs en 2020.

Un appel aux exportateurs de vins et spiritueux

D’ores et déjà, les imports et exports de conteneurs sur Bordeaux en 2021 sont en hausse de 9%. Pour Jean-Frédéric Laurent, de fait, « une seule escale hebdomadaire ne suffit pas. L’équilibre de fonctionnement serait deux escales par semaine, avec des destinations diversifiées, notamment vers le Royaume-Uni ou l’Amérique du nord ». En ligne de mire : les exportateurs de vins et spiritueux pourraient représenter une clientèle potentiellement intéressée. « La demande est là », assure-t-il.

Pour le GPMB, en passe de lancer son futur plan stratégique, plusieurs signaux sont au vert : à la fin août, le port enregistrait une hausse de 5% de son trafic global, une reprise des imports d’hydrocarbures depuis la fin des confinements, des trafics prometteurs avec une bonne campagne céréalière régionale et des filières d’avenir telle que la ferraille.

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