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Avenir des hangars Airbus : inquiétudes à Langon

Écosystème
jeudi 15 juillet 2021

L'ancien site d'Airbus - Crédits : Google Maps

Après la publication d‘un appel à projet pour développer une activité de fret fluvial sur les anciens hangars d’Airbus à Langon, le maire de la commune s’inquiète des pertes financières et fiscales pour le territoire.

Le 9 juillet dernier, Voies Navigables de France (VNF) a publié un appel à projet sur son site internet. Ce dernier porte sur des parcelles appartenant à l’Etat, qui abritaient les activités d’Airbus et notamment le stockage des pièces d’A380. Le 14 février 2019, le géant de l’aéronautique annonçait l’arrêt de la production de son avion emblématique et depuis, les hangars cherchent repreneurs. Sur l’annonce en ligne on peut ainsi lire l’objet de l’occupation : « Implantation d’une ou plusieurs activités économiques dans des bâtiments à vocation industrielle à proximité immédiate du site fluvial de Langon (33) ». un choix de filière que ne comprennent pas plusieurs élus locaux et notamment Jérôme Guillem, maire de la commune.

« Lorsque j’ai contacté les services de l’Etat en septembre 2020, j’ai découvert qu’ils allaient vendre les bâtiments et étaient en train de les démonter », explique l’édile. Trouvant la vente pertinente, il se propose d’endosser le rôle de promoteur. « Très rapidement j’ai reçu deux ou trois belles offres de reprise. » Des projets qui n’ont pas abouti car VNF souhaite relancer le fret fluvial sur la Garonne, et vraisemblablement, utiliser sur les anciens hangars pour la filière.

27.500 m² de foncier

Plusieurs conditions sont stipulées sur l’annonces de VNF : participer au développement économique du territoire « par l’implantation d’une ou plusieurs activités économiques durables de production, ainsi que la création d’emplois pérennes et de valeur ajoutée », s’inscrire dans une activité de transport de marchandise par voie fluviale, ou encore s’inscrire dans un cadre respectueux de l’environnement.

25.500 m² sont disponibles dont 4.500 m² de bâti. Le montant de redevance, lui, est fixé à 74.500 euros par an pour une disponibilité du site dès novembre 2021.

Une incompréhension qui monte

Pour Jérôme Guillem, le fret ferroviaire n’est pas la solution la plus pertinente. « Il n’y a pas d’activité économique sur le fleuve, c’est factuel. Qu’on réfléchisse à la faire émerger, d’accord, mais j’émets des réserves sur le fait qu’on bloque des initiatives sur le territoire, pour un projet qui peut-être se fera un jour. » Selon lui une filière fluviale mettrait plusieurs années à se structurer quand d'autres entreprises pourraient s'implanter et se développer immédiatement. Deuxième point de friction, l’annonce précise que le site est à « proximité immédiate avec le bassin-écluse de Langon ». L’édile de la commune, lui, affirme que le site est « en rupture de charge », à 600 mètres des quais. « Il faudrait prendre à chaque fois un camion. Cela rajoute des contraintes pour une activité qui n’existe pas encore. » Toutefois si le maire est prêt à se plier à « l’intérêt général », il demande une compensation financière de l’Etat, pour pallier les pertes liées à l'absence d'une autre activité économique.

Jérôme Guillem déclare également avoir découvert en mars dernier une diminution de la taxe foncière. « L’Etat nous a signifié que la Ville de Langon allait perdre près de 150.000 euros de recettes fiscales. Le bâtiment est là, je ne vois pas pourquoi l’Etat s’exonérerait alors qu’on paie la taxe foncière partout. » Cette situation serait en fait lié à un changement de typologie du site, qui n’est plus classé comme industriel. Selon le maire l’absence de Airbus ferait perdre, dès 2022, entre 540.000 et 700.000 euros de plus à Langon. Soit « entre 800.000 et 1 million d’euros ».

Rencontre ministérielle

Jérôme Guillem s'inquiète des conséquences de ce manque d'argent pour sa commune. Crèche, multi-accueil, école de musique, investissements pour les seniors… « Tout cela, c’est financé par la taxe foncière, principale recette de la Communauté de communes. Je compte beaucoup sur le rendez-vous avec Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires, le 28 juillet prochain, pour faire connaître cette situation. » Le président de la Gironde Jean-Luc Gleyze sera également présent à ses côtés.

L’appel à projet de Voies Navigables de France, lui, est ouvert jusqu’au 3 septembre 2021.

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