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Label Bâtiment frugal : la FPI s'engage aux côtés de Bordeaux

Écosystème
mardi 02 novembre 2021

Pierre Vital, président de la FPI Nouvelle-Aquitaine, a signé le manifeste aux côté de Pierre Hurmic, maire de Bordeaux. Crédits : MB

La Ville de Bordeaux et la Fédération des promoteurs immobiliers de Nouvelle-Aquitaine ont signé un manifeste « pour un urbanisme de projets frugaux ». Une avancée supplémentaire dans la concrétisation du label Bâtiment frugal bordelais, porté par la municipalité.

« C’est un événement assez significatif, qui est le reflet de notre volonté de faire en sorte que le label soit le plus concret possible », a déclaré le maire de Bordeaux, Pierre Hurmic, lors d’une conférence de presse sur le Bâtiment frugal. Car ce mardi 2 novembre, lui et Pierre Vital, président de la Fédération des promoteurs immobiliers de Nouvelle-Aquitaine, ont signé un manifeste « pour un urbanisme de projets frugaux ». Un document de quatre pages, qui vient renforcer la mise en application du label Bâtiment frugal bordelais, présenté au printemps dernier par la municipalité. Dans les faits, peu d’ajustements ont été réalisés depuis sa première présentation. 42 critères sont déterminés dont un socle de 22, obligatoires pour la délivrance de tout permis de construire. « Un projet repassera en commission tant qu’on ne constatera pas qu’il remplit les critères essentiels », a répété Bernard Blanc, adjoint au maire en charge de l’urbanisme résilient. Néanmoins, pour rassurer promoteurs et constructeurs, la Ville propose une « ingénierie » pour accompagner les professionnels dans l’obtention du label. « Normalement, cela ne devrait poser aucun problème », a affirmé Bernard Blanc.

« C’est un manifeste et non une charte de bonnes pratiques, a repris l’adjoint au maire. Il repose sur une conviction partagée, […] et on a l’intime conviction que la question du développement durable est révolue. Il est trop tard, maintenant il faut franchir un cap rapidement […] et absolument modifier nos pratiques dans la production de la ville. »

13 projets sont déjà labellisés

Si les relations avec la Fédération des promoteurs immobiliers étaient « assez tendues » au départ, élus et professionnels ont finalement trouvé un terrain d’entente. « Notre profession est là, aussi, pour montrer que l’on est à l’écoute des évolutions du métier, a déclaré Pierre Vital. Il y a des choses essentielles dans ce manifeste et notamment le principe d’évolutivité. » Ainsi, des échanges réguliers seront garantis pour permettre un retour d’expérience sur le label, qui sera amendé chaque année afin de coller à la réalité du terrain. Actuellement, 13 projets ont obtenu le label Bâtiment frugal bordelais, et tous correspondent en moyenne à 30 des 41 critères. Le premier, baptisé Bordeaux-Piéchaud et porté par Id&Al groupe, sera officiellement lancé le 10 novembre prochain. Il comptera à termes dix logements du T2 au T4 et sera situé rue du professeur Timothée-Piéchaud, à Bordeaux. L’îlot Counord, la ZAC Bastide-Niel ou l’îlot Saint-Louis font également partie des projets labellisés. Mais la Ville ne veut pas se limiter aux frontières de Bordeaux, et espère pouvoir étendre son label à toute la Métropole. « On sent une appétence des maires, a avancé Bernard Blanc. D’ici le début de l’année 2022, nous espérons entamer un cycle de dialogues pour voir dans quelles mesures d’autres maires pourraient nous rejoindre. »

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Du côté des professionnels qui s’engagent en signant le manifeste, un processus d’instruction a été défini. Ils devront présenter le projet en phase de faisabilité ou de constructibilité, en présence de l’adjoint à l’urbanisme et du maire du quartier pour « s’accorder sur le programme, la lecture du plan local d’urbanisme et partager les enjeux propres à chaque projet ». En parallèle, les riverains seront informés et concertés sur les impacts du projet. « La construction de demain se fera dans le diffus, au milieu des quartiers dans lesquels vivent déjà des habitants », a rappelé Pierre Hurmic, prenant l’exemple d’un square, installé au sein d’une résidence privée, qui pourrait être ouvert au public. « Nous nous intéressons au bâti et au non-bâti, avec la mise en avant d’espaces verts », a complété Bernard Blanc.

Construire moins, mais mieux ?

Pour Pierre Vital, de la Fédération des promoteurs immobiliers, il faut que les projets immobiliers démarrent enfin. Si la crise du Covid-19 a eu pour conséquence un rallongement du cycle de production et des obtentions de permis de construire, « nous avons un engagement fort et ferme de la mairie, de travailler sur un cycle plus court », a-t-il précisé. Cependant, Bernard Blanc a réaffirmé la volonté de construire moins. Visant en particulier les projets qui ne sont « pas en phase » avec les revenus des ménages, il l’a martelé, « il faut la bonne quantité de bons produits en fonction de ces ménages ». De son côté, Pierre Vital a souligné être favorable à « bâtir le plus possible », pour ne pas faire peser des risques sur la filière construction.

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