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La Ville de Bordeaux en ordre de marche contre les « dark stores »

Écosystème
jeudi 08 septembre 2022

Photo d'illustration : Adobe Stock Kasto

Le 6 septembre, la ministre chargée des PME et du commerce Olivia Grégoire annonçait que les « dark stores », ouverts par les acteurs de la livraison de courses à domicile, seront considérés comme des entrepôts soumis aux plans locaux d’urbanisme. Une décision qui permet aux maires de refuser toute nouvelle implantation, si elle ne correspond pas au PLU. À Bordeaux, Sandrine Jacotot, adjointe au maire en charge des commerces, des marchés et des animations de quartiers, se félicite de cette décision.

Comment accueillez-vous cette évolution concernant les « dark stores » ?
C’était la seule solution immédiate. Dans l’idéal, il aurait fallu créer une nouvelle dénomination claire pour cette mutation économique, mais cela prend deux ans de faire les changements de PLU adéquats. Or, il faut être très proactif sur le sujet, que l’Etat nous apporte son aide pour déclencher des contrôles. Car lorsqu’on a des entreprises comme Frichti par exemple, qui associe dark store et dark kitchen, je m’interroge sur le respect des normes d’hygiène. Sur un local de 400 m², on a 1.200 produits de la grande distribution qui sont stockés, et entre 1.000 et 1.500 paniers repas préparés chaque midi, qui sont à côté de cartons… J’aimerais savoir, d’une part comment ça fonctionne, si c’est bien cadré, et d’autre part si le droit du travail est respecté.

Combien y a-t-il de dark stores ou de dark kitchen à Bordeaux ?
C’est très compliqué de les dénombrer de manière exhaustive. Car les acteurs de la livraison à domicile ont tout fait pour que les médias ne s’emparent pas du sujet, pour s’implanter discrètement. On en dénombre aujourd’hui 8 à Bordeaux, grâce par exemple à des riverains qui nous appellent. Il y a par exemple une dark kitchen – dont je ne dévoilerai pas son emplacement – qui pose problème. Avec des nuisances olfactives importantes, et des camions de livraison le matin qui empêchent la circulation. J’ai récemment reçu le gérant et le propriétaire du site, il a été décidé d’investir dans un canon à ozone, mis en place d’ici 15 jours. On verra si cela améliore la situation.

Vous dénoncez également une concurrence déloyale face aux commerces indépendants…
Ce qui nous inquiète, c’est que ces startups lèvent des fonds importants, et n’ont pas besoin d’être rentables dans l’immédiat. C’est une guerre de territoire entre elles, elles veulent s’implanter le plus possible pour accélérer leur développement. En attendant, quand Frichti propose du chou-fleur rôti à 3,50 euros, vous imaginez bien que nos 1.400 restaurateurs bordelais, qui payent beaucoup de charges, ne peuvent pas afficher de tels tarifs. A la mairie, il est hors de question d’aider l’implantation d’une entreprise qui offre une concurrence totalement déloyale, si elle n’a pas les mêmes règles du jeu que les commerçants. On compte 70% de commerces indépendants sur Bordeaux, et on y tient énormément.

Qu’allez-vous faire, donc, pour contrer ces dark stores ?
Mais tous les services concernés sont déjà au travail ! C’est un gros paquebot, la Ville et la Métropole. Nous avons contacté la Préfecture il y a trois mois, et nous allons nous mettre en ordre de marche. Pour les sites qui ne respectent pas le PLU, qui ne sont pas autorisés à être à leur emplacement, ils seront notifiés et sanctionnés jusqu’à ce que l’établissement déménage. Également, de nombreux contrôles seront déployés. Pour ce qui est de ceux qui cadrent avec le PLU, je ne suis pas sûre qu’ils soient nombreux. Ils devront s’assurer d’être en total respect des règles imposées à l’ensemble des commerces.

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