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Keolis garde la main sur les transports en commun de la Métropole

Écosystème
lundi 11 juillet 2022

Keolis opère les transports en commun de la Métropole depuis 2009. Crédits : Adobe Stock RH2021

En charge du réseau de transports en commun de Bordeaux Métropole depuis 2009, Keolis en reste officiellement l’opérateur jusqu’en 2030. Le contrat, de 2,2 milliards d’euros sur huit ans, prévoit entre autres la création de deux nouvelles lignes de tramway, et le déploiement de sept lignes de bus express.

Il n’y avait plus de suspens depuis le 9 juin dernier. Les élus métropolitains ont acté, jeudi 7 juillet dernier, le choix du futur concessionnaire pour le réseau de transports en communs TBM. Après deux ans et demi de discussions, Keolis, opérateur déjà en place sur la précédente délégation de service public (DSP), a été préféré à Transdev. Montant de ce nouveau contrat : 2,2 milliards d’euros, étalés sur huit ans (2023-2030), contre 1,7 million d’euros entre 2014 et 2022. Le contrat « le plus important jamais conclu par Bordeaux Métropole sur le plan financier », a rappelé Béatrice de François, édile de Parempuyre et vice-présidente de la collectivité en charge de la mobilité, des transports et du stationnement. Le coût global de l’opération, pour Bordeaux Métropole, s’élève à 1,4 milliard d’euros, car les futures recettes reversées par l’opérateur seront, elle, de 830 millions d’euros. Des montants conformes « à la trajectoire budgétaire définie », et qui permettront « de préserver le niveau de dépenses pour les autres projets métropolitains, sans impact sur l’endettement », a poursuivi Béatrice de François.

Priorité aux tramways

La décision de confier cette DSP à Keolis s’explique, selon Bordeaux Métropole, par le besoin de désaturer le tramway. « Le principal mode de transport en termes de fréquentation et de capacité », avec 101 millions de voyages comptabilisés en 2019 (contre 68 millions sur le réseau bus). Keolis s’est engagé, à créer, dès septembre 2025, deux nouvelles lignes de tram : la E, entre Floirac Dravemont et Blanquefort ; et la F, reliant Bègles et l’aéroport de Bordeaux Mérignac en 45 minutes. Un développement rendu possible grâce à un poste d’aiguillage, qui sera installé à la porte de Bourgogne, et qui ne nécessitera pas de déployer de nouvelles voies.

En route pour les bus express

Du côté des bus, « Keolis s’engage à optimiser le réseau dès septembre 2023, tout en assurant une desserte fine de l’ensemble des territoires », a mis en avant Béatrice de François. Notamment, en préfigurant la mise en service de quatre lignes de bus express sur les sept prévues dans le Schéma des mobilités. « A noter que la ligne entre Saint-Aubin-de-Médoc et la gare Saint-Jean, la circulaire des boulevards et celle entre Artigues-près-Bordeaux et la gare Saint-Jean seront mises en service respectivement en avril 2024 pour la première, et en septembre 2025 pour les deux autres – dont le fonctionnement est lié à la mise en service du pont Simone-Veil », précise l’élue. Promesse avancée : desservir 94% de la population métropolitaine d’ici 2027, via le réseau TBM, en termes de fréquence en heure de pointe.

Une offre « de qualité » pour la majorité des élus

Soulignant « des offres de très grande qualité », Patrick Bobet, maire du Bouscat et chef de file du groupe d’opposition Métropole Commune(s), s’est félicité « que le tramway ne soit plus blacklisté ». Alain Anziani, président de la collectivité, a quant à lui réaffirmé ne pas être opposé à cette mobilité, mais « au coût et au bilan carbone du tramway, ce qui n’est pas la même chose ». Autre figure de la majorité Europe-Ecologie-les-Verts/Parti Socialiste, le maire de Bègles Clément Rossignol-Puech a salué les ambitions de cette DSP, qui « prend en compte le schéma des mobilités voté en septembre, et le délégataire qui prend en considération le réseau fortement multimodal ».

Si la majorité des élus de droite – Métropole Commune(s) - se sont prononcés en faveur de cette DSP, Jacques Mangon, conseiller municipal de Saint-Médard-en-Jalles et élu du groupe d’opposition, a fustigé les projets à venir. Selon lui, il s’agit « d’ôter à des territoires non desservis comme Saint-Médard-en-Jalles ou Gradignan, de donner à des territoires déjà desservis » comme Bègles, Mérignac ou Floirac. « Je me suis demandé si véritablement, il y avait là-dedans toute la justice nécessaire à une vision métropolitaine des choses. »

En chiffres :
Au global en huit ans, l’offre kilométrique des bus augmentera de presque 10%, celle des tramways de 6%, et l’offre kilométrique BAT3 de 53% avec l’ajout de plusieurs nouvelles liaisons d’ici à 2025. Les liaisons multimodales entre la rive droite et la rive gauche « augmenteront ainsi de 108% par rapport à aujourd’hui, soit près de 3.000 franchissements par jour ».

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