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Jacques Baudoz (JouéClub) : « L’inflation a un impact limité sur notre activité »

Stratégie
mercredi 28 septembre 2022

Jacques Baudoz, PDG de Joué Club. Crédits : Joué Club

La coopérative de magasins Joué Club compte aujourd’hui 280 points de vente en France, pour un chiffre d’affaires annuel de 659 millions d’euros. Comment son PDG, Jacques Baudoz, appréhende-t-il les mois à venir ? Entre une hausse de l’inflation et des impératifs environnementaux, il livre quelques éléments de réponse à Placéco.

Comment abordez-vous cette fin d’année, marquée par une hausse de l’inflation, des prix de l’énergie ou des matières premières ?
J’ai l’habitude de dire que la vie est belle, c’est mon credo. Je suis optimiste – même s’il faut prendre en compte les éléments contextuels – et depuis le début de l’année, nous enregistrons une belle progression. +9% pour les magasins, et +5% si on intègre le web et le drive qui était en perte de vitesse depuis la fin des confinements. En septembre, je pense que nous serons aux alentours de +5%, ce qui montre que la dynamique continue. Dans le jouet, on a l’habitude de dire que si on fait un bon permanent – la période de janvier à septembre – cela signifie qu’on fera une bonne fin d’année. Je pense qu’elle sera à minima stable par rapport à 2021, qui avait été une année historique [NDLR, +11% de croissance], mais on n’est pas à l’abri de belles surprises, de produits qui cartonnent, pour qu’on performe à +2 ou +3%.

Comment expliquez-vous cette hausse d’activité de 5% ?
Eh bien, après analyse, on constate qu’elle est due aux deux-tiers à une hausse de fréquentation dans nos magasins. C’est une vraie gageure ! Le panier moyen, lui, est en hausse de 0,80 euro donc pour le moment, l’inflation a un impact limité sur notre activité.

L'enjeu de la relocalisation

Y aura-t-il une rupture d’approvisionnement pour certains jouets, liée à des contextes épidémiques ou géopolitiques internationaux ?
Non, ce n’est pas du tout un sujet pour nous car cette année, la chaîne de valeurs n’est pas du tout impactée. Quant au problème de l’énergie, bien sûr nous y sommes très attentifs, et on a fait signer une charte de bonne conduite, une feuille de route à nos 230 adhérents. Il y a deux ans lorsqu’on a été frappé par la crise du Covid-19, on a su rebondir, s’adapter. Je pense que c’est la force d’une coopérative comme la nôtre, l’agilité.

On parle de l’importance de relocaliser des appareils de production, de réindustrialiser la France. Le sourçage des produits est-il un enjeu, pour Joué Club ?
Oui, nous sommes en plein dedans. Nous menons trois combats de front autour de la RSE : redonner du sens à nos métiers, que nos jouets apportent du lien et incluent toutes les personnes ; réduire nos déchets et notamment les plastiques à usage unique ; et enfin, relocaliser. Aujourd’hui, autour de 30% de notre catalogue vient d’Europe ou de France, et nous voulons grimper à 50% d’ici 2024. On découvre de nouveaux fournisseurs, en France, en Espagne ou en Italie ! Des imprimeries qui se réorientent vers la création de cartes à jouer, des fabricants de boîtes de luxe qui réalisent des boîtes de jeux… Également, dans quelques jours, une usine de peluches ouvrira en France, il n’y en avait plus depuis plusieurs années. C’est une demande à la fois des consommateurs, et de notre part. Nous sommes leaders sur le marché, donc les fournisseurs s’interrogent pour faire évoluer leurs pratiques.

Depuis le 1er septembre dernier, Bordeaux expérimente le dispositif « Oui pub », qui vise à supprimer la publicité non souhaitée, distribuée dans les boîtes aux lettres. Cela vous impactera-t-il ?
À Bordeaux, oui, évidemment. Nous allons trouver des alternatives pour adresser nos catalogues à nos clients, car un enfant veut faire sa liste au Père Noël, c’est un moment de complicité avec les parents, et un catalogue est nécessaire. Nous les mettrons donc à disposition dans nos magasins, nous irons chercher nos clients via des mails ou des sms également. Ensuite, nous avons un autre projet qui sera lancé dès cette année : réduire de 10% la production de catalogues, puis les recycler. Nous sommes passés de 12 millions de catalogues à 11 millions, et nous mettrons des points de collecte pour que nos clients les ramènent. Ils serviront ensuite à créer des masques de carnaval, que nous offrirons aux enfants.

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