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ICT Drinks, nouvelle filiale de Cacolac, met du vin en cannette

Stratégie
mercredi 20 octobre 2021

Christian Maviel, président de Cacolac. - Crédits : MB

PME emblématique de l’Hexagone, Cacolac propose depuis 2012 une prestation de remplissage de vin en cannette. L’année prochaine elle construira une nouvelle ligne de production sur son site de Léognan et recrutera une quinzaine de personnes. Une société sœur est désormais dédiée à ce marché : In Can we Trust.

Pour Cacolac et son célèbre lait chocolaté, la crise du Covid-19 n’aura finalement eu que peu d’impacts. « On se projetait vers une très belle année de croissance à deux chiffres, en montant les équipes en trois-huit, se remémore Christian Maviel, président de la PME girondine. On avait anticipé que certains marchés allaient ralentir fortement : les bars, qui étaient fermés, et notre activité de remplissage de lait aromatisé pour l’Espagne. » Finalement, Cacolac aura enregistré une croissance de 8%, avec un chiffre d’affaires d’environ 15,5 millions d’euros. Une « frustration » car l’entreprise aurait dû faire plus, « mais ce "beaucoup plus" doit arriver en 2021 ». Si le premier trimestre s’est révélé calme, la PME devrait avoir, en fin d’année, rattrapé le retard.

Aujourd’hui Cacolac se définit « comme un iceberg », avec 50% de son activité issue de la marque elle-même, soit 18 millions d’emballages par an. 80% de ces recettes proviennent des GMS (grandes et moyennes surfaces), les 20% restants émanant de la restauration hors domicile. « De moins en moins dans les bars, alors qu’historiquement on était présent, commente Christian Maviel. Ce sera le travail de ces prochaines années, pour essayer de regagner notre place. » Côté grande distribution, Cacolac enregistrait fin septembre une croissance de 26%. « C’est une très belle performance, pour une vieille dame qui fêtera bientôt ses 70 ans. » La moitié de l’activité restante est, elle, consacrée à de la prestation industrielle. Il ne s’agit pas là de marque blanche, mais d’embouteillage pour des sociétés majoritairement étrangères. « Nous, nous ne sommes pas présents à l’international, précise le président. C’est trop compliqué car ça demande des moyens énormes, chronophages, il faut mettre en place une équipe dédiée pour aller travailler les marchés locaux… Il y avait un risque trop déséquilibré pour qu’on y aille. »

A écouter : notre podcast Zigzag - Christian Maviel raconte la saga Cacolac

Une société sœur pour du vin en cannettes

Récemment, la PME a fait parler d’elle grâce à une activité surprenante : de la mise en cannette… De vin. Pourtant, c’est un secteur sur lequel elle se positionne depuis 2012. Une stratégie de diversification d’activité pour limiter les risques liés à des crises comme celle du Covid-19. « Mais ce n’est pas Cacolac qui lance sa propre marque de vins, précise Christian Maviel. Nous nous mettons à disposition en tant que prestataire de remplissage. » Un marché en hypercroissance outre-Atlantique et notamment aux Etats-Unis, sur lequel Cacolac s’est positionné dès le départ. « Nous sommes le premier industriel français à y avoir cru, car il n’y avait pas du tout d’offre hormis une société allemande, reprend le président. Nos premiers essais remontent même à 1998, à l’époque on n’y était pas allé car on estimait qu’on ne maîtrisait pas à 100% la qualité du produit. Maintenant les cannettes sont en aluminium, entièrement recyclables et à l’infini, et on maîtrise le concept. »

Le concept, justement, fait réagir, au point d'être qualifié « d’hérésie » par certains. Une « bonne chose » selon Christian Maviel. « Il y a 30 ans, c’était un peu pareil pour les "bag-in-box" , se remémore-t-il. Aujourd’hui, cela représente 47% des ventes en grande distribution. On espère qu’on aura le même succès. » Jusqu’à présent, Cacolac assurait directement la prestation de remplissage de manière discrète, et a créé une toute nouvelle filiale baptisée ICT Drinks (In Can we Trust) pour dissocier les deux activités.