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Hydrogène : comment la Nouvelle Aquitaine veut structurer la filière

Écosystème
lundi 28 septembre 2020

crédit Adobe Stock

L’Europe comme la France se sont engagées récemment à soutenir la filière Hydrogène. Le Conseil régional Nouvelle-Aquitaine, qui validera en octobre une feuille de route dédiée, œuvrera pour fédérer les acteurs, dynamiser les projets industriels, la recherche et les usages de ce vecteur énergétique.

Cet article est le premier volet d'une série consacrée aux enjeux de la filière hydrogène en Gironde. Rendez-vous dès mardi pour la suite ! 

L’Europe a tout d’abord fixé le cap : jusqu’à 430 milliards d'euros pour porter la part de l’hydrogène renouvelable à 14% du mix énergétique européen en 2050. Début septembre, c’était au tour du gouvernement français d’annoncer un soutien de 7,2 milliards d'euros - dont 2 milliards prévus dans le cadre du plan de relance- « pour faire de la France un fer de lance de l’hydrogène vert d’ici 2030 ».

À l’échelle régionale, la volonté de soutien des acteurs de ce secteur est toute aussi forte. Une feuille de route, fixant les grands caps de cette politique publique sur dix ans à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, devrait ainsi être présentée lors de la séance plénière de ce 5 octobre. « C’est l’ADN de la Région, de coconstruire et de démultiplier pour anticiper les mutations technologiques », assure Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, pour qui l’hydrogène, « non polluant et décarboné fait figure de graal de la transition énergétique ».

Le cluster « Énergies et stockage » aux manettes

Priorité sera donnée à la structuration et l’animation d’un écosystème. Un travail amorcé depuis quelques années déjà. Le cluster « Énergies et stockage », créé dès 2017, animé par la Aquitaine Développement Innovation (ADI-NA), regroupe ainsi une cinquantaine de partenaires de la recherche, de développeurs de briques technologiques et de projets hydrogène, d’énergéticiens, de bureaux d’études et de conseils. En vue de la future feuille de route, nombre d’acteurs de ce secteur ont ainsi été recensés et réunis lors d’ateliers et groupes de travail ou lors des Étapes De l’Innovation (EDI) sur l’hydrogène qui se sont tenues à Angoulême le 18 février dernier.

« C’est notre premier atout, d’avoir créé cet écosystème de confiance, de collaboration et d’anticipation entre le politique, la Région, et l’appareil technique », souligne Alain Rousset pour qui le décloisonnent des acteurs de la filière est crucial afin de travailler sur toute la chaîne de valeur de ce secteur émergent. « Comment produire de l’hydrogène ? Comment on le déploie dans la mobilité, le ferroviaire, le naval, l’automobile ou les process industriels ? Comment fait-on pour maîtriser la chaîne d’approvisionnement des produits et ne pas dépendre d’importations étrangères ? Comment réduire les coûts aujourd’hui trois fois plus élevés ? Comment ne pas déséquilibrer le réseau d’électricité si l’on met en places des bornes de recharge rapides ? Il faut réfléchir aussi au stockage, pas que dans les véhicules. Il y a beaucoup de technologies à mettre au point, l’enjeu est colossal », liste Alain Rousset.

Un appel à projet « hydrogène vert »

A travers la future feuille de route définie par la Région, les soutiens financiers, sans enveloppe budgétaire dédiée, s’inscriront dans les différents dispositifs existants. Cependant, un appel à projets spécifique « Hydrogène vert » sera lancé. L’effort portera aussi plus particulièrement sur de l’aide à la R&D, Alain Rousset rappelant qu’ « une entreprise aidée en R&D double ses emplois dans les 5 ans qui suivent ». La Région, outre son action de mise en réseau des acteurs notamment à des réseaux nationaux ou européens, sera également facilitatrice pour l’accès à des outils de financement. Pour Alain Rousset, en ce sens, « l’annonce par le gouvernement de 2 milliards d'euros et de 7 milliards d'euros d’ici 2030 est essentiel, même si pour l’instant on ne connaît pas encore la tuyauterie des aides. Mais ce sont les régions qui connaissent le mieux le tissu industriel qui doivent être à la manœuvre. Une coopération État-Région est l’alpha et l’oméga de la réussite ».

Forces vives régionales et projets soutenus

D’ores et déjà, des projets majeurs ont pris corps en Nouvelle-Aquitaine : Wood-Hy pour de la production d‘hydrogène à partir de biomasse dans les Landes d’Armagnac, Luzo à La Rochelle et le Technoparc Krysalide à Angoulême, -chacun mettant en œuvre un système hydrogène pour répondre aux besoins énergétiques d’un bâtiment tertiaire- l’industriel Nouryon avec un projet de récupération de son hydrogène, Febus à Pau avec l’exploitation de 6 bus hydrogène…

En 2020, le Conseil régional a aussi apporté son soutien financier à différentes collectivités territoriales, comme le Grand Angoulême pour de la production H2 à partir de panneaux photovoltaïques ou à des sociétés telles que Nexeya pour des stations de stockage, HDF pour structurer son projet d’usine de méga-piles à combustible ou la scierie Archimbaud qui souhaite se lancer dans de la production H2 à partir de granulés de bois.

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