Placéco, Le média qui fait rayonner l’écosystème girondin

Horizeo : un projet solaire à 1 milliard d’euros en Gironde

Stratégie
jeudi 14 janvier 2021

Centrale solaire de Cestas - photo Neoen

Le projet Horizeo associe Engie et Neoen autour de la création d’un parc photovoltaïque de 1000 hectares à Saucats, en Gironde. L’investissement, estimé à 1 milliard d’euros, prévoit également la création d’un dispositif de stockage d’énergie, un datacenter, une unité de production d’hydrogène vert et des installations agricoles.

La Gironde pourrait bientôt accueillir un parc photovoltaïque d’une ampleur sans précédent en France, avec une superficie globale estimée à 1000 hectares. Quatre fois supérieure à celle de la centrale de Cestas (260 hectares) et 16 fois plus grande que la centrale de Labarde, elle permettrait d’atteindre une puissance d’1 GW, soit l’équivalent de la consommation d’électricité de 600 000 personnes. Le projet, baptisé Horizeo et révélé début décembre, est porté par deux spécialistes des énergies renouvelables, les groupes Engie et Neoen, qui revendiquent une approche à la fois innovante et responsable.

Hydrogène vert, datacenter et agrivoltaïsme

Le projet se veut original à plus d’un titre. D’abord, parce qu’il ne se limite pas à un parc de panneaux photovoltaïques. Engie et Neoen prévoient en effet d’associer la production d’énergies solaires à des infrastructures capables d’offrir une proposition de valeur complémentaire. Ils envisagent par exemple la mise en place d’un électrolyseur dédié à la production d’hydrogène vert, qui serait alimenté à hauteur de 20% par la production solaire. « Cet hydrogène vert pourrait alimenter la métropole bordelaise pour des usages liés à la mobilité ou au monde industriel », illustre Mathieu Le Grelle, porte-parole du projet Horizeo.

Le site est également destiné à accueillir un dispositif de stockage assuré grâce à des batteries d’une capacité de 40 MW, pour pallier le caractère intermittent de la production photovoltaïque et aider RTE à stabiliser son réseau électrique. Le projet prévoit par ailleurs la création d’un datacenter, lui aussi alimenté à hauteur de 20% directement par la centrale solaire, ainsi que la mise en place de parcelles « agrivoltaïques », qui mêleraient production d’énergie et cultures adaptées sur environ 25 hectares. « L’asservissement des panneaux solaires permet de protéger la production agricole des événements climatiques », explique Mathieu Le Grelle. L’électricité d’origine photovoltaïque peut quant à elle être mise à profit pour alimenter des serres.

Le modèle économique se veut également vertueux, avec une électricité vendue de gré à gré à des entreprises ou des industries. « La technologie photovoltaïque a atteint une maturité qui nous permet de fonctionner sans subvention de l’Etat, ce qui signifie que le projet ne coûtera rien au contribuable », indique le porte-parole du projet. Ensemble, les différentes briques d’Horizeo, pilotées par les différentes filiales d’Engie et Neoen en fonction de leurs compétences et expériences respectives, représentent un investissement estimé à 1 milliard d’euros.

Le choix de Saucats

Le choix de l’emplacement du projet a été conditionné par son envergure sans précédent. « Saucats est située à proximité d’un poste de transformation RTE qui permet d’injecter jusqu’à 1 GW dans le réseau électrique. C’est une capacité rare en région Nouvelle-Aquitaine et rare en France », indique Mathieu Le Grelle. La commune, voisine de Cestas, dispose par ailleurs d’une parcelle adaptée. « Nous avons identifié une aire d’étude de 2000 hectares, entièrement clôturée, dédiée à la production sylvicole et à des chasses commerciales. Après des études poussées, il se dégage un potentiel d’environ 1000 hectares aménageables pour un parc solaire », précise le porte-parole.

L’annonce du projet a rapidement suscité des réactions négatives, portées notamment par des associations de protection de la nature et de l’environnement telles que la Sepanso. « Chaque arbre coupé sera compensé deux fois », répond Mathieu Le Grelle, tout en soulignant que le cycle de la culture sylvicole en Nouvelle-Aquitaine entraîne jusqu’à 20 000 hectares de coupes rases chaque année. « Si le projet est de grande envergure, la commune sera, en fait, peu impactée. En effet, Saucats, dont la superficie est d'environ 8 900 hectares, compte 7 200 hectares de forêt : il restera donc 6 200 hectares de pins maritimes. Saucats continuera d'être une commune forestière », veut de son côté rassurer la municipalité de Saucats dans son bulletin municipal.

« Un parc solaire ne vient pas artificialiser les sols. L’usage des terres change puisqu’on passe d’une plantation de bois à une prairie, mais une prairie aussi est riche en biodiversité. Le sujet fera d’ailleurs l’objet d’un suivi et d’analyses régulières, ajoute le porte-parole du projet. Un parc solaire est également une unité réversible, ce qui signifie qu’après démantèlement, au terme de son exploitation, les parcelles peuvent à nouveau accueillir de la production sylvicole, sans pollution des sols ».

Le débat sera confié aux soins de la Commission nationale du débat public (CNDP), saisie le 2 décembre dernier, avec une phase de concertation programmée pour la deuxième moitié de l’année 2021. Engie et Neoen espèrent de leur côté aboutir à une mise en service des installations à horizon 2025.

Sur le même sujet