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Financement du GPSO : semaine charnière pour Bordeaux Métropole

Écosystème
vendredi 19 novembre 2021

Les élus métropolitains Verts voteront contre le financement du GPSO et de ses nouvelles LGV - Crédits : Adobe Stock Olrat

Les élus de Bordeaux Métropole se prononceront jeudi sur la participation financière de la collectivité au projet d’extension des lignes à grande vitesse vers Toulouse et Dax. Problème : les Verts devraient voter contre, laissant à l’opposition le rôle du juge de paix face à une majorité écartelée entre deux visions antagonistes du sujet.

Officiellement, l’opposition farouchement déclarée de Pierre Hurmic au sujet du Grand Projet du Sud-Ouest (GPSO) ne remet pas en cause l’alliance PS, PC et Verts à la tête de Bordeaux Métropole. Elle place tout de même son président, Alain Anziani, dans une situation délicate. « Je respecte la position des Verts, même si je ne la trouve pas très cohérente, mais ça crée une situation politique nouvelle, qui m’oblige, puisque je n’ai pas de majorité, à regarder ailleurs », a déclaré l’intéressé, jeudi, à la sortie d’une réunion entre les différentes commissions concernées par le projet.

Un appel en direction de la droite mais pas de retour à la cogestion

À ce stade, le président de la métropole peut en effet compter sur le vote des groupes socialistes (30 élus) et communistes (3 élus), ainsi que sur le oui probable des quatre élus LREM, mais ces 37 voix, sur 104, ne lui suffisent pas pour atteindre la majorité face au non annoncé des 32 élus écologistes. D’où cette obligation de regarder ailleurs… autrement dit, vers la droite et les 34 élus du groupe Métropole Commune(s), eux-mêmes divisés quant aux suites à donner au projet.

Pour faire pencher la balance de son côté, Alain Anziani se dit prêt à des concessions, notamment en permettant aux maires de droite d’intégrer l’exécutif de la Métropole, via un rapprochement entre le Bureau et la Conférence des maires. « Il vaut mieux que tout le monde soit autour d’une table, explique-t-il. Après, il n’en restera pas moins qu’il y aura une majorité et une minorité. Personne ne veut d’un retour à la cogestion, qui serait des délégations données aux élus de la minorité. Je ne le propose pas et ils ne le demandent pas ».

Une tentative d’aplanir les divergences sur le fond avec les Verts

Réécrite à plusieurs reprises au cours du dernier mois pour essayer d’aplanir les divergences au sein de la majorité, la délibération qui sera soumise au vote le 24 novembre prévoit une participation financière métropolitaine de 354 millions d’euros. Elle est fléchée exclusivement en direction des aménagements ferroviaires du sud de Bordeaux (AFSB), qui prévoient la création d’une nouvelle ligne pour désengorger les infrastructures actuelles. « Les engagements de notre pacte de gouvernance prévoient de ne pas financer le GPSO, sauf sur les AFSB. Je tiens ma parole », précise Alain Anziani.

Si Pierre Hurmic et les Verts sont favorables à la création d’une nouvelle ligne au sud de Bordeaux, pour désengorger les infrastructures existantes, cette dernière devrait selon eux ne servir que le développement du RER métropolitain et des trains régionaux. Pour Alain Anziani, financer cette nouvelle voie en dehors du GPSO reviendrait à perdre tout le bénéfice financier du soutien apporté par l’Etat et l’Europe au projet, et donc à faire exploser la facture de ces équipements indispensables au nouveau schéma des mobilités récemment adopté par la Métropole. « Financer seul les AFSB nous coûterait 900 millions d’euros, je préfère en payer 354 », insiste-t-il.

Autre point de divergence : la participation de la Métropole au futur établissement public local (EPL) chargé de piloter le volet financier du GPSO, dont une partie reposera sur de nouvelles taxes que refusent les Verts. « Ces taxes viendront en déduction des parts des collectivités territoriales », estime Alain Anziani, selon qui le rôle de cet EPL sera surtout de lever l’emprunt nécessaire au financement à long terme des nouvelles LGV. « Participer à l’EPL, c’est d’abord disposer de financements, mais aussi participer à sa gouvernance. C’est extraordinaire de vouloir rester à la porte et regarder les trains passer », ironise l’élu.

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