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Feux de forêt en Gironde : 13.000 hectares brûlés, appels à plus de moyens aériens

Écosystème
dimanche 17 juillet 2022

1200 sapeurs pompiers luttent contre les flammes sur les deux feux qui calcinent la Gironde - crédit Matthieu Penz pour le SDIS 33

Six jours après le début des deux feux de forêt qui frappent La-Teste-de-Buch et les environs de Landiras, la situation reste « défavorable », en dépit de l’intense action des services de secours. Plusieurs élus appellent à revoir les moyens mis en œuvre à l’échelle locale dans la lutte contre le feu.

Trois fois par jour, la préfecture égraine les chiffres des deux brasiers qui calcinent toujours une partie de la Gironde. Dimanche soir, le décompte s’élevait à près de 13.000 hectares de forêt calcinés, et plus de 16.000 personnes évacuées, et les perspectives pour la journée de lundi étaient qualifiées de « défavorables », voire « très défavorables », sur les deux fronts de La-Teste-de-Buch et de Landiras, avec de très fortes températures attendues et, toujours, des vents tournants compliquant l’action des services de secours. Tout au long du week-end, les bouchons estivaux de la rocade bordelaise ont été traversé par des convois de véhicules de l’armée et de services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) venus prêter main forte aux 1.200 sapeurs-pompiers déjà engagés dans la lutte contre les flammes, avec le soutien de quatre Canadairs et de deux avions Dash. Dimanche soir, le ministère de l'Intérieur a annoncé le renfort supplémentaire de 3 avions, 200 sapeurs-pompiers et 11 camions lourds.  

Les moyens de départ étaient-ils suffisants ? Si tout le monde souligne l’exceptionnelle mobilisation des services de secours, sous l’égide de la préfecture, et salue l’élan de solidarité qui accompagne l’action des pompiers sur le terrain, plusieurs élus girondins appellent à une révision, à la hausse, des moyens mis à la disposition des services de secours de la région et, par extension, de toutes les zones sujettes à l’augmentation du risque incendie. Jean-Luc Gleyze, président du département, et patron des sapeurs-pompiers girondins, pointe par exemple du doigt le financement du SDIS Gironde, indexé sur le niveau de population de 2022, alors que le département a depuis accueilli 400.000 nouveaux habitants. « Depuis que j’ai pris la présidence du Service départemental d’incendie et de secours en 2017, j’ai interpellé les ministres de l’Intérieur successifs et nos parlementaires pour faire évoluer cette loi sous-dimensionnée. Nos moyens ne correspondent pas à notre population », précise-t-il à Sud-Ouest, dans un entretien où il demande que le département puisse disposer de moyens aériens antifeu à demeure.

Pilotés par la direction générale de la Sécurité civile et de la gestion des crises, qui dépend du ministère de l’Intérieur, les 12 Canadair et les 7 Dash qui composent la flotte spécialisée française sont en effet basés à Nîmes-Garons, puis affectés sur les différents massifs forestiers, français ou européens, en fonction des opérations de prévention ou d’intervention. Au-delà des financements, l’extension, ou même le renouvellement, de cette flotte, reste toutefois pénalisée par la fin des programmes aéronautiques associés, ce qui fait également réagir Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine. « Il est urgent d’avoir en région une force aérienne, des équipements capables d’intervenir rapidement pour éteindre ces feux. Etant donné qu’il n’y a plus de programme de production d’avions bombardiers d’eau, la Région est prête à s’associer pour élaborer un nouveau programme de relance de la conception d’avions amphibies », déclare ce dernier dans un communiqué. Interrogé samedi sur France Info, il expliquait vouloir mettre à profit le programme de coopération Nouvelle-Aquitaine Québec, terre natale de Bombardier, pour étudier cette piste.