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Doado, quand le numérique veut prévenir le mal de dos

Bordeaux Technowest
mardi 24 mai 2022

Hadia et François Ripoll, Marin Guy, Alexandre Spriet et Julien Legay ont fondé Back Learning il a 18 mois. Crédits : Back Learning

La startup bordelaise Back Learning développe Doado, une application pour réduire et prévenir le mal de dos… Sans pour autant évincer les kinésithérapeutes. Et veut, à terme, devenir le référent des troubles musculosquelettiques en France.

Aujourd'hui, 80% des douleurs de dos peuvent être soulagées par le mouvement, certaines sans passer par un kinésithérapeute. Partant de ce constat, cinq associés ont créé il y a 18 mois la startup Back Learning. Cette dernière développe et commercialise une application, Doado, dotée d’une intelligence artificielle pour répondre aux besoins des usagers. « Au printemps 2020 l’un, de nos associés a eu des problèmes de dos, présente Hadia Ripoll, cofondatrice en charge de la communication et de la commercialisation. Et puis, le confinement a éclaté, et on s’est rendu compte de la nécessité d’avoir des solutions accessibles de chez soi, qui soient validées médicalement. Surtout, les kinés avec qui nous travaillons en ont ras-le-bol de voir des gens arriver en fin de parcours – c’est-à-dire devant se faire opérer. »

Ils sont alors cinq à s’associer : Alexandre Spriet et Julien Legay, ingénieurs, François Ripoll et Marin Guy, tout deux kinésithérapeutes au centre aquitain du dos, et Hadia Ripoll. Ensemble, ils s’adossent à un comité scientifique constitués de 14 professionnels de santé, parmi lesquels des chirurgiens, cliniciens du sport, rhumatologues ou encore médecins généralistes.

Un abonnement pour prévenir les douleurs

L’application, Doado, est accessible autant en BtoC qu’en BtoB. Et, surtout, est gratuite pour les particuliers souffrant du dos. La personne doit répondre à une série de questions pour dresser un bilan, et le transmettre automatiquement à son médecin. « C’est la force de notre intelligence artificielle, reprend Hadia Ripoll. Elle collecte des "drapeaux rouges" au fur et à mesure des réponses, et va pouvoir orienter l’usager. S’il n’a pas besoin de voir un médecin, l’application lui propose un programme pour soulager ses douleurs avec des explications sur sa pathologie, d’une durée moyenne de 7 minutes. » Si, au contraire, le patient nécessite une prise en charge par un kinésithérapeute, Doado lui signale. Car, assure la cofondatrice, « on ne se substitue pas à un médecin ».

Pour les usagers n’ayant pas de douleurs particulières, la version payante propose une prévention quotidienne. Ils doivent tout d’abord répondre à des questions, puis réaliser des tests physiques, pour affiner le plus possible les résultats de l’intelligence artificielle. « Une fois cette partie effectuée, l’application propose un programme adapté au niveau de sédentarité ou aux capacités physiques de la personne. Cela dure 15 minutes, échauffements et étirements compris », précise Hadia Ripoll.

Le BtoB, segment privilégié par la startup

Mais le modèle économique de la startup repose avant tout sur son segment BtoB, tout juste développé et spécialisé dans les troubles musculosquelettiques (TMS). « Chaque année, 2 milliards d’euros sont dépensés en France pour traiter ces TMS, affirme la cofondatrice. Par exemple, deux salariés sur trois souffrant de douleurs au dos ont une lombalgie, pathologie nécessitant un arrêt de travail de deux mois minimums. En bref, ce sont des coûts très importants pour les employeurs. » Back Learning commercialise ainsi deux formules, soit Doado+, la même application que pour les particuliers, soit des « scénarios métiers » proposant des questions propres à un métier : sédentaire, travaux publics, port de charges…

Lancée en septembre 2021, Doado a été téléchargée 14.000 fois. Rapidement repérée par Decathlon, Back Learning a ainsi noué un partenariat avec l’enseigne sportive pour proposer, à tarifs réduits, des abonnements à son application. « Nous avons démarré la commercialisation en BtoB il y a deux mois seulement, précise Hadia Ripoll, car nous voulions d’abord éprouver l’outil auprès du grand public. Notre objectif est de devenir des référents en matière de troubles musculosquelettiques, et nous sommes aujourd’hui en discussions avec de grands groupes français. » La startup vise 100.000 professionnels et salariés utilisant Doado en 2023, et s’apprête à lancer des études médicales sur les bénéfices de ses programmes sur la santé des usagers.

Back Learning
Basée à Bordeaux
CA : n. c. 

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