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Digital : Ela s'occupe de vos données post-mortem

Demain
mercredi 31 mars 2021

Capture d'écran de la campagne de crowdfunding

La startup bordelaise Ela propose à ses clients d’anticiper la gestion de leurs données personnelles post-mortem. Sur les réseaux sociaux, les comptes e-mail ou les sites de e-commerce, ce sont autant d’informations conservées par les géants du web qu’il peut être difficile de supprimer. La jeune pousse espère commercialiser sa solution en juin prochain.

Comment faire pour supprimer le compte Facebook d’un proche, ainsi que ses données personnelles, lorsque celui-ci décède ? C’est en réfléchissant à cette question que cinq amis bordelais ont lancé leur startup, Ela. Chacun venant d’un domaine particulier, ils ont décidé, l’année dernière, de mutualiser leurs compétences pour lancer et concrétiser leur projet. « Nous avons créé une plateforme permettant de centraliser les demandes de suppressions de comptes internet, présente Mathieu Fontana, cofondateur de Ela. Cela concerne tous les réseaux sociaux, mais aussi les comptes e-mail et ceux de e-shop tels que Asos, Amazon ou H&M. » La particularité de la startup est qu’elle se base sur l’anticipation des futurs clients, détenteurs de comptes web, et non sur des personnes souhaitant supprimer les données d'un proche décédé.

Les cinq entrepreneurs viennent de lancer une campagne de crowdfunding pour finaliser leur solution et pouvoir la commercialiser dès le 1er juin prochain.

Simplifier l’expérience utilisateur

Plus de quatre mois de R&D ont été nécessaires pour que la plateforme voie le jour, et les entrepreneurs ont dû fournir un important travail concernant la législation en vigueur. « Actuellement c’est un peu la jungle pour réussir à supprimer ses données personnelles, reprend Mathieu Fontana. Rien n’est fait pour que ce soit facile car ces sites n’ont pas intérêt à perdre les données de leurs utilisateurs. Nous avons travaillé conjointement avec un cabinet d’avocats pour décortiquer la loi et la réglementation RGPD, et comprendre le processus pour faire valoir nos droits numériques. »

Ela veut simplifier le plus possible l’expérience utilisateur, et il suffira aux clients de s’inscrire sur la plateforme, puis de référencer leurs différents comptes. Aucun mot de passe ne sera nécessaire car la solution ne requière que l’URL du site internet et l’e-mail utilisé pour le compte personnel. « Nos clients pourront choisir ce qu’ils souhaitent faire de ces comptes, complète le cofondateur. Les fermer à leur décès ou les léguer à un proche notamment pour un compte Spotify ou Deezer, si on tient à ses playlists », dit-il sur le ton de l’humour.

Objectif 1.000 clients en 2021

Les cofondateurs espèrent collecter 10.000 euros via leur campagne de crowdfunding, pour couvrir les coûts de déploiement mais aussi amorcer les inscriptions. Chez eux le modèle économique ne repose pas sur un abonnement mais sur un achat unique : chaque client doit débourser la somme de 100 euros pour profiter de la solution à vie. Ela sera aussi commercialisée via des partenaires en B2B2C. « Nous travaillons avec des mutuelles, des assurances, des cabinets de conseil en gestion du patrimoine, énumère Mathieu Fontana. Certaines personnes peuvent considérer le sujet des données personnelles post-mortem comme mineur, et en passant par des acteurs plus traditionnels notre discours peut être plus audible et accepté. Il s’agit de patrimoine numérique, certes, mais de patrimoine avant tout. »

L’objectif de la startup est d’acquérir 1.000 clients en 2021, et les fondateurs imaginent déjà d’autres fonctionnalités. « Même si nous sommes focalisés sur le lancement de la plateforme, pourquoi pas plus tard permettre à des clients de supprimer les comptes de proches décédés. Cde n’est pas notre vocation première et d’autres entreprises se positionnent déjà sur le sujet, mais nous réfléchissons à tout. »

Un poids environnemental

Au-delà de la question des informations personnelles, la startup reprend à son compte l'argument écologique du poids des données. « Dans le monde 4% de l’électricité consommée l’est pour des datas centers. Cela représente la consommation annuelle du Royaume-Uni ! Nous voulons vraiment sensibiliser nos clients sur cet enjeu. Les informer sur le poids des données et les répercussions, pour qu’ils maitrisent mieux leur empreinte carbone en réduisant leur empreinte digitale. » La France compterait 39 millions d’utilisateurs ayant chacun en moyenne 11 comptes numériques.

Ela
Basée à Bordeaux
5 cofondateurs
CA : aucun
www.ela-app.fr

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