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Construction à Bordeaux : «il faut appliquer la règle PLU», estime Bernard Blanc

Écosystème
vendredi 18 mars 2022

Bernard Blanc, adjoint au maire de Bordeaux en charge de l'urbanisme résilient, s'est exprimé vendredi lors d'une table ronde organisée par l'Oiso - crédit Mairie de Bordeaux

Invité d’une table ronde organisée par l’Observatoire immobilier du Sud-Ouest (Oiso), l’adjoint au maire de Bordeaux chargé de l’urbanisme résilient, Bernard Blanc, a souligné le décalage qui existe entre les possibilités offertes par le PLU et la réalité du nombre de logements livrés. Il s’est prononcé en faveur d’une application des règles du PLU, possible selon lui quand les projets sont menés en concertation avec les riverains.

En 2021, il s’est vendu 2.620 logements neufs à l’échelle de Bordeaux Métropole, alors que, sur la même période, seuls 2.280 nouveaux logements neufs ont été mis sur le marché. Un décalage qui, pour les professionnels de la promotion immobilière, confirme et accentue les tensions du marché bordelais, avec un stock désormais limité à 2.780 logements, soit 12,7 mois, et des prix qui ne cessent de monter.

La présentation de ces chiffres, réalisée vendredi dans le cadre de l’observatoire trimestriel piloté par l’Observatoire immobilier du Sud-Ouest (Oiso), a été suivie d’une table ronde dédiée à la problématique du logement des familles en centre urbain, pendant laquelle Bernard Blanc, adjoint au maire de Bordeaux en charge de l’urbanisme, a répondu aux inquiétudes des promoteurs, en appelant à mieux exploiter les possibilités offertes par le Plan Local d’Urbanisme (PLU).

« Il faut appliquer la règle PLU, a-t-il déclaré, déclenchant les applaudissements de la salle. Ce n’est pas la peine d’en demander plus. Il y a actuellement 40% de chute entre ce que permet le PLU et ce qu’on livre. La question qui se pose aux bailleurs et promoteurs est : à la parcelle, comment appliquer le PLU ? Si on ne le fait pas, c’est que les élus ont peur des riverains ». Autrement dit, la capacité des projets serait revue à la baisse par rapport à ce qu’autorisent les documents d’urbanisme, faute de réelle concertation autour des opérations de promotion.

« Il faut de la coopération dans la coproduction du projet. Il faut faire le projet avec les riverains. Il faut générer 30% de terre pleine, végétaliser un maximum, diminuer la taille des opérations pour qu’elles soient au niveau d’intimité souhaité, avec des relations avec l’extérieur », a expliqué l’adjoint, prenant l’exemple du label Bâtiment frugal bordelais. « On impose 10m² minimum de surface extérieure. Faites ça et les élus vous lâcheront », a-t-il ajouté, invitant les promoteurs à « mieux travailler les dynamiques de relations avec les voisins, par exemple avec des jardins partagés ».

L’appel sera-t-il entendu par les élus concernés ? « Je sais que beaucoup ont promis pendant la campagne que l’on ne construirait plus rien, mais il faut pourtant aujourd’hui continuer, même si certains habitants ne veulent aucune grue. Une concertation bien faîte, qui fait valoir le bien commun, permet de faire sortir les projets. Mais il faut que les élus de quartiers acceptent cela », a assumé Bernard Blanc, soulignant tout de même que les opérations déjà lancées devraient déjà permettre la construction de 3.500 logements par an.

Pour aller plus loin, lire aussi notre dossier Immobilier (1/4) : pourquoi est-il si compliqué de construire des logements à Bordeaux ?

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