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Carmen Brulé-Sabadus, ISEG Bordeaux "les entreprises doivent s'aligner avec les valeurs des jeunes"

Engagement
mardi 12 juillet 2022

Carmen Brulé-Sabadus dirige depuis dix ans l'ISEG Bordeaux - crédit ISEG

Installée depuis 40 ans à Bordeaux, l'ISEG forme en cinq ans les futurs professionnels du digital, du marketing et de la communication. À quelques semaines d’une rentrée qui devrait réunir quelque 500 étudiants, quelles sont leurs attentes et comment les recruter ? Eléments de réponse avec Carmen Brulé-Sabadus, directrice de l'ISEG Bordeaux.

Quels sont les métiers ou les compétences les plus demandées aujourd’hui par les entreprises ?
Dans cette période de transformation liée au Covid, les marques ont besoin de se réinventer et de travailler différemment. Nos métiers de la communication, du marketing et du digital étaient déjà indispensables, mais la demande est encore plus forte, notamment pour tout ce qui touche au numérique, et à la capacité d’augmenter la performance de l’entreprise, que ce soit via son site, la gestion de trafic ou les réseaux sociaux. En parallèle, on sent que les entreprises recherchent des salariés adaptables, avec un bon état d’esprit. C’est la raison pour laquelle au-delà des compétences métier, l’ISEG axe sa formation sur les soft skills, la capacité de travailler en équipe. Nous cherchons à former des cadres efficaces, qui disposent déjà d’une belle expérience professionnelle puisqu’au terme des cinq ans de cursus, ils ont passé l’équivalent de deux années et demie en stage, en alternance ou sur des projets concrets.

Le rapport des jeunes diplômés à l’emploi a-t-il changé ?
Oui, on observe très clairement que les jeunes ne s’engagent plus de la même manière qu’avant dans leur vie professionnelle. Il y a vingt ans, on était très content d’avoir un CDI dans une grande entreprise. Aujourd’hui, ça n’est plus du tout le graal. Quand je reçois une offre d’alternance émanant d'un grand groupe, j’ai parfois du mal à la pourvoir, parce que beaucoup vont préférer aller travailler dans une startup, ou une entreprise qui réponde à des choix pilotés soit par le sens, soit par le cœur. Beaucoup de nos étudiants sont plus attentifs au monde qui les entoure, à leurs habitudes de consommation, mais aussi à leur bien-être personnel. Et si ces valeurs sont évidemment importantes, on leur rappelle que c’est bien, aussi, d’être attentif au résultat de ses choix.

Quel conseil pourriez-vous donner aux secteurs qui peinent à recruter dans les métiers de la communication et du numérique ?
Je n’ai pas de baguette magique, mais une chose est sure : ils ont intérêt à s’aligner avec les valeurs qui parlent aux jeunes, que ce soit dans les modes de travail flexibles, le fonctionnement horizontal des équipes, l’accessibilité du manager et la recherche de sens. On sent bien d’ailleurs que les entreprises s’ouvrent à ce niveau, en laissant de plus en plus de place à la créativité et à l’innovation. L’école a un rôle à jouer à ce niveau, en ouvrant le champ des possibles, et en rappelant que le monde ne se limite pas aux startups ou aux grands groupes. On observe d’ailleurs que les souhaits des étudiants évoluent tout au long de leur cursus, au gré des rencontres avec nos intervenants – qui sont tous des professionnels – et de leurs premières expériences. Tout n’est pas écrit, l’humain joue beaucoup.

La concurrence est de plus en plus soutenue sur le marché de l’enseignement supérieur privé, comment l’ISEG fait-elle la différence par rapport à des écoles comme l’Efap ou Sup de Pub ?
La première différence est que l’ISEG appartient au groupe Ionis, créé par Marc Sellam, qui reste une entreprise familiale, par opposition aux groupes détenus par des fonds d’investissement. Le fait d’être un groupe indépendant, le seul en France, nous permet d’être maîtres de nos décisions et de nos choix. L’ADN de l’école repose par ailleurs sur l’écoute des entreprises. Au quotidien, nous travaillons quasi exclusivement avec des professionnels. Ce sont eux qui nous donnent les tendances et nous permettent d’ajuster presque en temps réel nos programmes, afin d’être sûrs que les étudiants soient parfaitement opérationnels à leur sortie d’école.

Notre autre grande force est de nous appuyer sur des campus qui soient à la fois à taille humaine et multi-compétences. A Bordeaux, mes étudiants travaillent dès la première année avec ceux de l’école informatique Epitech et avec ceux de l’école de la création visuelle E-artsup. Apprendre seul, c’est bien, mais mettre en pratique ses compétences en travaillant pour Nike ou Danone avec deux développeurs et deux graphistes, c’est autre chose ! On encourage par ailleurs beaucoup l’entreprenariat, avec notre concours d’innovation Open Iseg, doté chaque année de 40.000 euros, ou avec notre club des entrepreneurs, un espace dédié aux porteurs de projet, avec des moyens, du coaching et la possibilité d’adapter son emploi du temps pour se consacrer à son idée. On demande à nos étudiants d’avoir un jeu de jambe important, nous devons donc en faire de même.

Vous annoncez des inscriptions en hausse de 20% pour la rentrée de septembre, l’ISEG Bordeaux cherche-t-elle de nouveaux locaux ?
Nous cherchons en permanence de nouveaux locaux, mais nous sommes très attachés à notre campus des Chartrons, 1.500 m² en centre-ville avec un beau jardin. Nous cherchons donc plutôt des locaux de déversement, à l’image de notre deuxième campus boulevard Godard, ou de notre site de Bruges, plutôt dédié à Epitech. Au total, nous disposons d’environ 5.000 m² sur les trois sites confondus, mais nous préférons ça à un énorme campus où il faudrait des couleurs au sol pour se repérer.

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