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BX1 : un datacenter pour faire de Bordeaux un hub mondial de la connectivité

Stratégie
jeudi 04 mars 2021

Illustration du futur datacenter BX1 d'Equinix - source Equinix

Equinix a lancé la construction d’un datacenter de 3000 m² à Bruges. Baptisé BX1 et directement relié au câble transatlantique Amitié déployé par un consortium réunissant Orange, Facebook ou Vodafone, il doit permettre à Bordeaux d’émerger comme un hub de premier plan au niveau du cloud et de l’interconnexion. Sa mise en service est prévue pour le mois de juillet.

Après neuf centres de données en Île-de-France, l’américain Equinix s’installe au cœur de la métropole bordelaise. Il a formalisé jeudi matin l’annonce de la construction de son dixième datacenter français à Bruges. Installé rue de Strasbourg, au cœur d’une zone logistique, il offrira à terme 3000 m² de salles blanches destinées aux serveurs et aux équipements réseau, avec une alimentation électrique de l’ordre de 6MW, assurée à 100% par des énergies renouvelables. Le datacenter profite d’une conception modulaire qui permet d’envisager un déploiement par tranches d’1MW, avec une mise en service de la première tranche prévue pour le mois de juillet.

Particularité de ce premier datacenter en région : il accueillera le point de terminaison du câble transatlantique Amitié, qui relie depuis quelques jours les côtes américaines aux plages du Porge, en Gironde. Ce câble de fibres optiques, long de 6800 km, est doté de 16 paires de fibres optiques d’une capacité unitaire de 23 Tb/s (térabits par seconde). Financé par un consortium réunissant Orange, Facebook et Vodafone, il a vocation à soutenir les échanges de données entre l’Europe et les Etats-Unis, dans le cadre de l’explosion du trafic Internet. « À partir du moment où un câble sous-marin arrive dans un datacenter Equinix, on voit émerger un aréopage d’écosystèmes qui viennent s’installer au plus près de ce câble », commente Régis Castagné, directeur général d’Equinix France.

Accélérer la transition numérique 

« Nous avons fait le choix de ne pas terminer le câble dans sa station d’atterrissage au plus près des côtes, mais de le prolonger jusqu’au point où seront utilisées les données puisque c'est elles qui créent de la valeur, précise Jean-Luc Vuillemin, directeur réseaux et services internationaux chez Orange. Marseille est devenu le plus gros point d’échange Internet d’Europe, devant Francfort, grâce à l’arrivée des câbles sous-marins reliant l’Europe à l’Asie, au Moyen-Orient et à l’Afrique. Nous pensons que Bordeaux a les caractéristiques nécessaires pour devenir demain un hub mondial en matière de connectivité ».

« À travers ces infrastructures, on va permettre aux entreprises de la région d’accélérer et d’amplifier leur transition numérique », salue Jean-François Pierron, président de la commission des finances de la CCI Bordeaux Gironde. Pour le géant américain Equinix, qui opère 226 datacenters dans le monde, cette arrivée à Bordeaux est également une façon d’accompagner la tendance à l’edge computing, qui consiste à rapprocher la capacité de stockage et de traitement de la donnée informatique des usagers finaux. « Tous les nouveaux cas d’usage de type smart city, 5G, télémédecine ou véhicule autonome vont ainsi pouvoir être servis par un datacenter régional », illustre Régis Castagné.

Le datacenter BX1 représente un investissement évalué à 32 millions d’euros. Il repose sur une conception modulaire, sur la base des technologies fournies par l’américain Vertiv et personnalisées selon le cahier des charges d’Equinix. Le projet associe des acteurs locaux avec Cap Ingelec pour la partie ingénierie et réalisation technique, le cabinet TLR Architecture et NFU Bordeaux sur le volet immobilier. Il devrait aboutir à la création d’une cinquantaine d’emplois d’ici la mise en service complète, à la fois chez Equinix et chez les prestataires chargés d’intervenir pour le compte des clients du datacenter. Le datacenter se veut « state of the art » en matière de performance énergétique, avec un ratio d’efficacité (PUE) estimé à 1,2. Equinix se dit par ailleurs prêt techniquement à capter et réinjecter la chaleur émise par ses équipements informatiques dès qu’un débouché potentiel aura été identifié en local. L’américain évoque enfin déjà la construction d’un éventuel BX2 dès que son premier datacenter bordelais sera rempli.

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