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Avec sa Galerie lumière, Limelight veut développer son activité et celle de la filière

Stratégie
mercredi 29 septembre 2021

Ce jeudi 30 aura lieu la pose de la première pierre. Crédits : Nicole Senediak

Avec son futur bâtiment CityLight, la dirigeante de Limelight, Nicole Senediak, veut créer un lieu d’échange pour les professionnels de l’audiovisuel et du spectacle vivant. Mais surtout, faire connaître des techniques de pointe et développer l’activité de son entreprise, tout en contribuant au rayonnement de la filière girondine.

C’est un lieu « hybride » de 1200 m² qui s’implantera, d’ici moins d’un an, au cœur des Chartrons. CityLight, une « galerie lumière » imaginée et créée par le spécialiste de l’audiovisuel Limelight, devrait voir le jour en août 2022. La première pierre, elle, sera posée ce jeudi 30 septembre. « L’objectif est de valoriser les métiers du spectacle vivant et de l’audiovisuel, présente Nicole Senediak, fondatrice et dirigeante de Limelight. Dans nos métiers, nous souffrons beaucoup d’être éclipsés par une seule vedette alors qu’il y a un vrai travail d’équipe derrière. »

Le projet, initié en 2014, s’élève à 1,7 million d’euros d’investissements. Pour sa fondatrice, il répondra à un vrai besoin de la profession. « Chaque corps de métier a sa maison. Nous, nous avons plein de lieux publics, mais où on ne se retrouve pas. L’idée est de créer un lieu de rencontres. »

Échange les savoir-faire

Ce futur bâtiment disposera de plusieurs espaces. Notamment, un labo ouvert sur l’espace public, nommé « galerie ». « Elle sera équipée comme une scène, détaille Nicole Senediak. La vitrine mesurera 8 mètres de long sur 4,5 mètres de hauteur, et les passants pourront assister à la création, à l’élaboration d’œuvres. Mais sans humain ! » Il s’agira soit d’œuvres conçues par Limelight, soit par des artistes invités, soit pour des commandes institutionnelles.

À l’intérieur, CityLight qui ne sera pas un établissement recevant du public (ERP), sera réservé aux professionnels. Un studio de prise de vue sera installé pour pouvoir faire du décor projeté, une activité « très ancienne, qui se faisait beaucoup dans l’entre-deux-guerres », et qui permet de remplacer le fond vert. Une salle de visioconférence sera accessible ainsi que des bureaux à louer pour les entrepreneurs du quartier. « Ce sera un lieu d’échanges des savoir-faire, où on va pouvoir parler lumière, technique, présenter les métiers aux jeunes, les valoriser », énumère la dirigeante de Limelight. Les fournisseurs pourront également exposer leurs produits. « La culture est une vraie filière économique, mais à Bordeaux, elle est sous perfusion malgré des initiatives privées. Comme les actions de Bernard Magrez, le musée de la mer… CityLight sera peut-être un élément parmi d’autres, pour aider au développement de cette culture et ne pas compter que sur le financement public. »


Limelight existe depuis 1983. Crédits : Limelight

Générer de l’emploi et de l’activité

Créée en 1983, la société bordelaise Limelight s’attache à maîtriser toute la chaîne d’un spectacle, de la création aux moyens techniques. « Nous avons relevé de nombreux défis, met en avant Nicole Senediak. Notre particularité est d’avoir beaucoup de produits, et d’investir dès le départ dans des technologies introuvables en région. » Pour elle, l’enjeu est de développer un vrai savoir-faire, pour s’affranchir des sociétés parisiennes, majoritaires sur le marché. « En 1986, j’étais la première à investir dans un éclairage de cinéma », rappelle-t-elle. Mais ce que la dirigeante souligne aussi, c’est la méconnaissance du grand public. « Limelight est dans ses locaux actuels depuis 1997, et tout ce que nos voisins connaissent de nous, ce sont les camions qui déchargent le matériel ! »

Avec CityLight, Nicole Senediak espère mettre en lumière son entreprise. Mais aussi dynamiser son activité, pour générer de l’emploi. Comptant trois salariés, la société voudrait structurer son équipe pour, d’ici trois ou quatre ans, compter 10 personnes. En 2019, le chiffre d’affaires de Limelight était de 400 000 euros. « Ce n’est pas beaucoup, et depuis 18 mois nous sommes à l'arrêt, souligne la dirigeante. Mais on sent une reprise de l’activité. De plus, les équipes municipales bordelaises étaient, avant, très attirées par les grosses sociétés parisiennes. Ça a été terrible, car pas mal d’entreprises locales se sont retrouvées sur la paille. Je pense que maintenant, il y a une remise en question de la manière de travailler, avec l’équipe actuelle. »

Garder les talents sur le territoire ?

Nicole Senediak espère, avec son projet, créer un vrai pôle autour de l’image animée et de l’image projetée. « Au fil de ma carrière, j’ai développé une vraie compétence en matière de 2D et 3D. Pour des spectacles vivants, tout ce qui touche l’art contemporain aussi. CityLight va, j’espère, permettre de mettre en avant ces techniques et pouvoir les développer. » Elle cite notamment le cas de certains jeunes qui partent travailler au Canada, alors qu’ils pourraient rester sur le territoire. « L’idée serait de court-circuiter cette évasion, de leur permettre d’avoir un travail ici. » Pour Limelight, le défi est grand : contribuer à faire vivre la filière girondine, s’exporter, et aller à l’encontre des préjugés. Notamment, « celui de l’artiste maudit qui vit aux dépens de subventions ».

Limelight
Basée à Bordeaux
3 salariés
CA 2019 : 400 000€
www.limelight.fr

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