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Aquitaine Science Transfert maintient 4M€ d'investissements en 2021

Écosystème
lundi 15 mars 2021

Maylis Chusseau, présidente d'aquitaine Science Transfert - Photo Arthur Pequin

La SATT Aquitaine Science Transfert a investi l'année dernière 4,2 millions d’euros dans des projets d’innovations issus de la recherche publique. Une somme maintenue en 2021 malgré la crise, pour cette structure tout à fait singulière.

Située au cœur du campus de l’université de Bordeaux, à Talence, Aquitaine Science Transfert reste peu connue du grand public. C'est l’une des 13 sociétés d'accélération du transfert des  technologies (SATT) de l’Hexagone, qui a pour mission de transformer les inventions issues de la recherche publique, en innovations rentables et créatrices d’emplois. Si l’année 2020 était particulière et compliquée pour tout le monde, la structure a maintenu son niveau d’investissements. « Globalement nous avons été assez préservés, souligne la présidente d’AST, Maylis Chusseau. Car nous ne sommes pas soumis aux mêmes contraintes qu’une entreprise. »

Une société de quoi ?

La SATT Aquitaine Science Transfert a vu le jour en 2012, issue du programme national des investissements d’avenir. Elle œuvre sur tout le périmètre de l’ancienne Aquitaine, de Bordeaux à Pau. « Nous travaillons avec les universités, avec le CNRS, l’INSERM, le CHU de Bordeaux également, énumère Maylis Chusseau. En résumé nous sommes un service mutualisé avec des profils qualifiés, ce qui nous permet de couvrir 83% de la recherche publique en Nouvelle-Aquitaine. »

Deux modèles économiques permettent à AST de conserver des fonds propres. La prestation de services rendue à l’ensemble des établissements partenaires d’abord, par exemple la négociation de contrats de recherche partenariale entre les laboratoires et les entreprises. « C’est l’une de nos activités principales, nous gérons environ 500 contrats par an, reprend la présidente. Nous vérifions que tout va se dérouler dans de bonnes conditions. » Ensuite, la SATT investit sur ses fonds propres dans la propriété intellectuelle. « Lorsque les industriels à qui nous avons transféré nos projets les exploitent et les mettent sur le marché, nous bénéficions de retours sur exploitation. Des royalties qui nous permettent d’investir de nouveau dans des projets. » En 2020 l’exploitation des licences a permis à AST de bénéficier de 3,6 millions d’euros.

Troisième et dernier volet de son activité, Aquitaine Science Transfert œuvre pour la création d’entreprises innovantes. Depuis 2018 elle fait office d’incubateur, et aide les chercheurs à lancer des entreprises.

4,2M€ investis l’année dernière

En 2020, les équipes d’AST ont détecté 133 projets dans les laboratoires de recherche publique aquitains. Grâce, notamment, à des appels à projets thématiques. « Nous en avons fait quatre ou cinq, se remémore la présidente. Souvent c’est en lien avec des actualités. Cette année il y aura toute la partie du plan de relance et des filières stratégiques : l’intelligence artificielle, le quantique, la e-santé… Nous en lancerons sur ces thématiques, c’est certain. »

Une fois les projets détectés, les 48 salariés de la structure se posent une seule question : quel va être le chemin le plus court pour créer un avantage concurrentiel pour qu’une entreprise s’en saisisse ? « De nombreux filtres sont appliqués sur les 133 projets pour n'en retenir que quelques uns », précise Maylis Chusseau. L’année dernière AST a investi 4,2 millions d’euros dans la maturation de 17 projets, et a déposé 44 titres de propriété intellectuelle. 12 transferts de technologie ont été réalisés, un chiffre légèrement en baisse comparé à 2019. « Nous avons surtout connu un frein important concernant les copropriétés avec les industriels, à cause de la crise économique. Et nos exécutions de projets ont été ralenties car les laboratoires étaient fermés durant le premier confinement. »

2021, une montée en puissance

En janvier 2019, l’Etat français a décidé d’investir 2,5 milliards d’euros dans le plan deeptech dont fait partie la SATT. « L’idée du gouvernement est de pousser à la création de startups pour valoriser l'innovation de rupture, détaille Yann Mondon, directeur marketing d’AST. C’est-à-dire une innovation qui entrainera une rupture dans les usages, les technologies, qui provoquera un changement de donne. Comme la startup Treefrog Therapeutics par exemple. » Pour la SATT, la création d’entreprises innovantes est un enjeu de taille. « C’est une vraie opportunité, reprend Maylis Chusseau. Selon un sondage de Bpi France 44% des jeunes diplômés en doctorat envisagent de créer leur entreprise ! Cette année nous voulons poursuivre la montée en croissance de notre incubateur, avec un objectif de 10 startups, puis entre 12 et 14 en 2021. »

L’investissement, lui, restera le même, avec environ 1M€ supplémentaire pour la propriété intellectuelle. AST espère accroître le nombre de transferts de technologies pour revenir à un rythme plus dynamique qu’en 2020, et pouvoir réinvestir ces revenus. 

Aquitaine Science Transfert
Basée à Bordeaux
48 salariés
CA : environ 3,6M€
www.ast-innovations.com

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