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À Bordeaux, Bruno Bonnell veut fédérer les acteurs locaux autour de France 2030

Écosystème
jeudi 23 juin 2022

De passage à Bordeaux pour le premier comité de suivi de France 2030 de la région Nouvelle-Aquitaine, le Secrétaire général pour l’investissement Bruno Bonnell a rappelé la philosophie « territoriale » de ce plan doté d’une enveloppe de 54 milliards d’euros, et souligné le rôle que devaient jouer les collectivités locales dans sa mise en œuvre.

Entrepreneur dans le jeu vidéo, puis la robotique, avant de rejoindre l’Assemblée nationale en 2017, Bruno Bonnell occupe depuis quatre mois le poste de Secrétaire général pour l’investissement (SGPI). Rattaché à Matignon, il est chargé de la mise en œuvre du plan France 2030, qui prévoit de mobiliser 54 milliards d’euros pour transformer l’économie française selon deux axes : la décarbonation et le soutien à l’innovation. Reste une question, régulièrement soulevée par les acteurs politiques locaux depuis l’annonce du plan en octobre dernier : quel rôle joueront les régions et les intercommunalités, dont la compétence englobe le développement économique, dans sa mise en œuvre ?

« Nous avons établi et décidé que nous aurions un comité de suivi de France 2030 dans chaque région, sous la coprésidence de moi-même et de la préfète ou du préfet de région, indique le secrétaire général, rencontré mercredi à l’issue du premier de ces comités annuels en Nouvelle-Aquitaine, organisé en présence des services de la préfecture et de la région dans les locaux de l’université de Bordeaux. Ce plan est précisément orienté vers les territoires. J’insiste, à l’inverse de certains plans plus régaliens, l’idée est de donner des objectifs ambitieux pour la France mais de compter sur les territoires pour que les projets émergent et remontent ».

« Les projets avant les budgets »

Bien qu’inscrit dans la continuité du plan France Relance, France 2030 revendique en effet une approche à la fois plus sélective et moins budgétaire. « Nous ne sommes pas dans un plan guichet. L’ambition est de faire remonter le meilleur des territoires, avec un champ d’intervention qui va de la recherche fondamentale à l’installation d’usines », illustre Bruno Bonnell.

Le plan est organisés selon cinq pôles que sont la prévention-santé, la transition écologique et énergétique, la connaissance, la souveraineté numérique et les « nouvelles frontières » de la conquête spatiale ou de l’exploration des fonds marins, avec des feuilles de route très larges. « Dans chacun de ces pôles, nous lançons des appels à projets, pour lesquels les enveloppes ne sont affectées ni par région, ni par secteur d’activité. La pertinence des projets est ensuite évaluée par un jury international. C’est plus un concours qu’un simple examen de dossier. Nous attendons donc des régions des idées pour répondre aux objectifs affichés », affirme Bruno Bonnel, qui rappelle que la loi prévoit que 50% du plan soient fléchés vers des acteurs (TPE, PME, PMI) ou des territoires émergents.

Il invite ainsi ces derniers à ne pas rater le coche, tout en promettant des procédures simplifiées d’ici le mois de septembre. « Aujourd’hui, ce qu’on veut c’est générer beaucoup de candidatures. Mais pas pour dire "je vais acheter une machine de plus", l’innovation doit vraiment être au cœur du projet ». Les centres de recherche et autres établissements d’enseignement supérieur sont également appelés à candidater. « Le plan prévoit la formation d’un million de personnes aux métiers d’avenir, en plus de ce que existe déjà. On est par exemple en déficit de 30.000 personnes sur les métiers de la bio-production, ou de 6.000 soudeurs spécialisés. Nous venons par exemple de financer le triplement de la formation en data scientists dans sept universités françaises », ajoute-t-il.

Le volet régionalisé du plan reste à signer

La dynamique France 2030 est déjà bien lancée, avec 5,2 milliards d’euros engagés au dernier décompte du SGPI. À l’échelle régionale, il reste cependant à finaliser la signature de la convention du volet PIA régionalisé/France 2030, qui doit permettre de mobiliser 88 millions d’euros, à parité entre l’État et la Région, pour des projets d’innovation locaux, avec un pilotage assuré conjointement par la préfète Fabienne Buccio et le président de région Alain Rousset, lequel rappelle régulièrement qu’il aspire à ce que l’Etat délègue plus largement le financement de l’économie aux régions. « Le président Rousset est membre du conseil de surveillance de la SGPI, ce qui signifie qu’il est membre de ma gouvernance. S’il l’a accepté, c’est qu’il respecte l’institution qu’est le SGPI, c’est important et je l’en remercie, tout comme je respecte sa ligne politique, même si ça n’est pas pour l’instant, la ligne claire du gouvernement actuel, mais ça évoluera. Je vous rappelle qu’il y a une loi sur la décentralisation qui n’a pas pu être votée au milieu du Covid, souligne Bruno Bonnell, saluant l’énergie spectaculaire du président de région avant de glisser dans un sourire : Nous allons bien trouver un moment, la Nouvelle-Aquitaine ne va quand même pas être la dernière région de France à signer ».